Les grands espaces de Canyonlands

Les parcs nationaux américains se succèdent mais ne se ressemblent pas. Et celui de Canyonlands encore moins que les autres.

Après notre longue matinée au parc d’Arches, et un pique nique au Visitor Center, nous avons poussé une quarantaine de miles plus loin vers le parc national de Canyonlands, au coeur du haut plateau du Colorado. Le parc est divisé en trois parties non reliées, dont nous choisissons de ne visiter que la première, la plus facilement accessible (on se la fait petits joueurs !).

Cette partie, si bien nommée Island in the sky, est un plateau haut d’environ 300 m, assez étroit, qui se visite principalement en voiture, en s’arrêtant ici ou là pour admirer… l’infini ! 

Nous surplombons une immense étendue désertique, morcelée de centaines de canyons, où serpentent la Green River d’un côté, et le Colorado de l’autre, voués à confluer un peu plus en aval, créant sur 22 km les célèbres rapides de Cataract Canyon, une descente en eaux vives en … canyonning !

Nous sommes fascinés par l’immensité du paysage qui s’offre à nos yeux éblouis (woah !…), puisqu’une centaine de miles nous séparent de l’horizon.

Au bas mot, 320 millions d’années ont forgé cette vaste étendue de canyons, en trois phases : dépôt de couches de roches sédimentaires – élévation en montagnes sous l’impulsion de mouvements de la croute terrestre – et actuellement depuis une petite soixantaine de millions d’années, l’érosion, qui crée les canyons. C’est très résumé, vous l’aurez compris !

Le parc n’a pas toujours été protégé. Il servait de pâture au bétail à la fin du 19ème siècle, et dans les années 50, des recherches d’uranium et de pétrole avaient altéré le paysage, avant d’être déclaré parc national en 1964.

Ayant eu notre compte d’arches le matin, nous laissons tomber Mesa Arch et empruntons un chemin de cailloux et de marches en pierre qui monte vers le Upheaval Dôme, un vaste cratère de plus de 3 km de large, composé de roches sombres sur le pourtour, et de pics vert de gris au centre qui pointent vers le ciel.

Le contraste de couleurs et de formes est assez saisissant. Les panneaux et brochures insistent sur le “mystère” entourant l’origine de cette formation. Les uns optent pour un dôme de sel formé au fil du temps après l’évaporation d’une mer et le poids des roches du dessus il y a 300 millions d’années (j’aime bien donner des dates, ça calme). D’autres préfèrent la thèse (beaucoup plus médiatique) de l’impact d’une chute de météorite ayant instantanément pété la roche. Nous, ce qu’on en pense, c’est que qu’ils devraient savoir ! En tout cas, c’est assez impressionnant, et plutôt esthétique.

The Dead Horse Point State Park

On a commencé cette journée avec le lever du soleil sur la Delicate Arch, et on va la terminer vers 19 h avec le coucher du soleil sur Dead Horse Point, dans le petit parc d’état voisin du même nom.

Encore un splendide panorama qui embrasse tout un plateau de canyons et sédiments aux tons ocres, vert ou bruns, que le soleil couchant vient caresser de teintes rougeoyantes. Tout simplement féérique ! Et au milieu, coule non pas la Seine, mais le Colorado !

Pourquoi ce nom étrange de « Pointe du Cheval Mort » ? La légende raconte que des cow boys avaient rassemblé des mustangs sauvages qui erraient sur le plateau, et les avaient poussés le long de l’étroite bande de terre jusqu’à la pointe, un goulot d’à peine une trentaine de mètres de large, qu’ils clôturèrent avec des branchages, créant un enclos naturel, délimité par des falaises abruptes. Ils sélectionnèrent alors les bêtes qui les intéressaient, et laissèrent pour une raison inconnue, les autres chevaux enfermés sans eau, où ils moururent de soif à 600 m du fleuve Colorado qui coulait en contrebas. Plutôt triste, comme histoire.

Et à la différence du matin, cet instant magique est partagé dans la sérénité par la trentaine de touristes présents, ce qui me réconcilie d’un coup avec mes collègues touristes. Un américain nous aborde dans un français impeccable pour nous raconter ses années en France et on bavarde (enfin IL parle) quelques instants avec lui. Il nous dit qu’il était missionnaire ( ? on cherche encore ce que ça veut dire, il avait pas l’air très religieux, mais l’habit ne fait pas le moine, n’est-ce-pas ?).

Une fois le soleil couché…

… nous rentrons en faire de même, fatigués mais heureux de notre journée plutôt bien remplie.

4 Replies to “Les grands espaces de Canyonlands”

  1. Hier, samedi, dans une vente de garage (vide-grenier pour les non-initiés) , j’ai vu un coffret DVD de tous les films de John Wayne…J’ai passé proche de vous l’acheter !
    C’est toute une journée ça ! Tout va vous sembler bien insignifiant après tant de grandeur et de beauté ! WOW !

    J'aime

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