La Cité des Anges

Los Angeles, ville complexe par ses dimensions, sa géographie, ses voies de circulation. Traversée par des collines, entrecoupée d’autres villes en son milieu, comme Beverley Hills ou Hollywood, quelques heures ou jours n’y suffisent pas pour la connaître, la comprendre et en apprécier la valeur. 

C’est en substance ce que nous a dit notre guide français, dont nous avions réservé les services pour la visite d’Hollywood, car je ne savais pas trop par quel bout l’aborder. 

Une bonne centaine de km avant d’arriver sur Los Angeles, déjà on prend peur : il flotte comme un nuage horizontal marronnasse à l’horizon…

Après nos trois semaines de périple de pleine nature à travers les parcs nationaux de l’ouest américain, bonjour le smog, comme s’appelle ici le nuage de pollution permanent qui plane sur la ville.

Et on se demande comment ils font, les 18 millions d’habitants de l’agglomération (dont 4 pour la ville), comment ils peuvent accepter cette situation, comment on peut laisser grandir ses enfants dans un tel environnement néfaste… Alors qu’on a pu constater partout ailleurs en Californie, des engagements concrets en faveur de l’environnement, en tout cas parfois plus probants qu’en France.

Beaucoup de ces grands palmiers dans les quartiers résidentiels de L.A.

Nous avons d’abord choisi de monter voir de près le panneau “HOLLYWOOD”, un peu le symbole de la ville, qui a souvent servi de décor dans les films.

Son histoire est plutôt cocasse : à l’origine, c’est un milliardaire qui a acheté les terrains de cette colline, pour en faire un quartier résidentiel. Il a donc installé un grand panneau publicitaire “HOLLYWOODLAND” sur la colline. Mais les affaires n’ont pas trop marché comme il l’espérait, et par la suite, avec l’avènement de l’industrie du cinéma, ce sont les sociétés productrices qui ont saisi l’opportunité de faire la promotion de leur industrie, et ont financé le maintien des lettres “HOLLYWOOD” comme vitrine internationale du cinéma, et les lettres “LAND” ont été décrochées.

Pour grimper sur la colline, on emprunte des petites rues pentues, avec de belles maisons, toutes originales
… et toutes entourées d’une luxuriante verdure….

Nous sommes ensuite allés faire un tour dans le quartier de Venice, créé sur le front de mer au début du 20ème siècle à l’image de la Sérénissime italienne, par un riche industriel du tabac, avec construction de canaux sur les marécages, et importation de véritables gondoles italiennes. 

Le monsieur meurt quelques années plus tard… d’un cancer du poumon (comme quoi les cordonniers sont parfois bien chaussés…), et une semaine plus tard, tout brûle dans un incendie !

On reconstruit, et pour gagner de la place, on supprime une partie des canaux au profit des voitures, avant d’y implanter peu de temps après près de 150 puits de pétrole découvert à cet endroit. Autant dire que le quartier ne devait plus avoir tout à fait le même aspect…

Il renaît cependant à la fin du siècle dernier, et devient mondialement célèbre pour ses superbes pistes acrobatiques de planches à roulette, euh pardon, de skateboards, où nous avons pu admirer une talentueuse gamine de 8 ans en plein exercice.

Il est aussi animé par toutes sortes de bonimenteurs plutôt (très) marginaux, qui déambulent ou tiennent des stands bizarroïdes tout le long du front de mer. Et il vaut mieux ne pas s’y aventurer le soir.

Enfin, le quartier est très connu pour sa Muscle Beach, la plage des M. Muscle, qui viennent y bodybuilder ; Schwarzeneger y était un régulier avant de trouver un autre job… Un peu déçue, parce que je n’en ai pas vu un seul, ça devait pas être la bonne heure…

Un peu plus loin, nous avons fait un petit tour du côté des quelques canaux rescapés, un endroit très calme, avec de belles maisons au bord de l’eau.

Le lendemain matin, nous sommes allés à Santa Monica, voir la “Pier”, le terminus de la route 66, une jetée en bois qui s’avance dans la mer, avec ses attractions, sa grande roue, et la grande plage qu’elle enjambe.

Une scène de Forrest Gump y a été tournée, et la Paramount s’est empressée d’y acheter une boutique-resto pour exploiter le filon. 

Nous avions RV en début d’après-midi avec Michel, notre guide francophone, un suisse exilé à L.A. depuis 3 ans, qui nous a fait visiter les lieux mythiques et fondateurs d’Hollywood.

Notamment le Chinese Theater, troisième théâtre construit en 1927 à la gloire du cinéma hollywoodien par un très actif producteur de l’époque, Sid Grauman.

Les grandes premières du cinéma s’y déroulent encore. Et c’est sur son esplanade qu’un grand nombre de stars y ont laissé dans le ciment leurs empreintes de mains et de pieds, chaussés ou non, souvent avec un petit mot gentil de reconnaissance à Sid, qui en avait eu l’idée en voyant la signature laissée par l’un des maçons de son théâtre, qui perdurait la tradition des bâtisseurs de cathédrales. 

Nous avons parcouru quelques dizaines de mètres sur le fameux Walk of Fame, le boulevard aux étoiles parmi 5 catégories (cinéma, musique, théâtre, télévision et radio), les plus célèbres étant proches du Chinese theatre.

Si on est artiste dans l’une de ces 5 catégories, et qu’on veut son étoile, il faut… d’abord en faire la demande (c’est comme la légion d’honneur !), payer 40 000 $ et être obligatoirement présent le jour de l’inauguration. Il y en a 2 nouvelles par mois, et il y a une appli pour connaître les dates d’inauguration. 

Celle du milieu est la seule qui ne soit pas à terre, mais sur un mur : celle de Mohammed Ali, qui a refusé qu’elle soit par terre, parce qu’on ne marche ni sur Mohammed Ali, ni sur le prophète, ou inversement.

Depuis une vingtaine d’années, la cérémonie des oscars a son propre théâtre, le Dolby Theater. En quelques jours, tout le cérémonial est installé, et tout disparaît dans la nuit quand c’est fini, les américains savent faire ça très bien.

Dans l’allée centrale, les piliers de chaque côté rappellent quel film a eu l’oscar en quelle année.

Là aussi, il y a les marches à monter… Les personnages sur la photo ne sont que des figurants…

L’hôtel Roosevelt a abrité la première cérémonie de remise des Oscars…

… un hôtel à l’ancienne, avec un decorum un peu suranné, dans lequel nous avons fait un petit tour et vu la salle (vide) qui avait hébergé la première cérémonie de remise…

… qui n’avait duré qu’un quart d’heure au milieu du repas, et tout le monde connaissait le lauréat à l’avance. 

Sid Grauman avait construit deux autres théâtres, hormis le Chinese, dont El Capitan, qui a été racheté depuis par Disney, qui y organise toutes les premières de ses films.

Et pour finir sur une note beaucoup moins « paillettes », voici la maison où habitait Pretty Woman, quand Richard Gere est venu la chercher, enfin sa maison… dans le scénario bien sûr !

Nous sommes repartis le surlendemain de Los Angeles, en empruntant la belle Pacific Coast Highway, la route qui longe le Pacifique jusqu’à San Francisco. Enfin belle… dans mon souvenir : mes sœurs se rappelleront peut-être que c’est au bord de cette route, à Malibu, que j’avais passé l’été 1972, grâce à notre tante Huguette qui m’avait si généreusement invitée.

Les souvenirs devraient rester des souvenirs… car cet endroit idyllique, en bordure du Pacifique, où se bousculaient les stars à l’époque, était enveloppé d’un nuage que j’ai d’abord pris pour de la pollution…

Mais le lendemain matin aux infos, j’ai vu qu’il y avait des incendies autour Los Angeles, au nord et à l’est, alors j’espère, au bénéfice du doute, que ce brouillard qui estompait jusqu’aux collines environnantes était dû au feu…

Et comme j’avais oublié de prendre le numéro où on habitait à l’époque, je n’ai pas pu reconnaître le petit immeuble de mes souvenirs. Je me rappelle juste que c’était en face de la maison de Burt Lancaster, qui donnait sur la plage… Oui, c’était vraiment un bel été…

3 Replies to “La Cité des Anges”

  1. c’est très bizarre, LA, tellement célébré dans les films et la littérature, ça déçoit presque de voir en vrai ! Je suppose que la pollution est due aux puits de pétrole ? ou seulement aux voitures ? Car il fait tout le temps beau là-bas ? Heureusement, pour contrebalancer la nostalgie, il y a la cinémathèque où Burt et consorts sont toujours jeunes et fringants !

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  2. J’y suis allée avec ma fille en 2014 ou 15…Eh bien même si je suis américaine, j’ai été effarée de voir le nombre surréaliste d’auto, et grosses à part de ça ! On y regarde plusieurs fois avant de traverser la rue !
    Ma fille avait fait quelques manèges sur le Pier de Santa Monica !
    Nous avons bien aimé Holl. + LA. On a que de bons souvenirs !

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