Kirkenes, ville frontière avec la Russie

 
🎶   a long way from home🎵 :  7606 km
Vendredi 15 juin 
 
Sur les conseils de français rencontrés au Cap qui faisaient le chemin inverse, on a pris le parti de continuer la route de la côte le long de la mer de Barents.
 
Si on excepte la route bombée, bosselée, bruyante, trouée et raccordée, les paysages qui se succèdent sont assez homogènes, avec une continuité de forêts de bouleaux (comme dans toute la Norvège), de lacs (toujours), fjords et de bien jolis paysages.
 
 
Ce bleu est impressionnant…
et un coin sympa pour la nuit…
 
Samedi 16 juin
 
Nous nous sommes arrêtés à Kirkenes, ville située à 7 km de la frontière russe, et à 60 km de Mourmansk. La proximité avec la Russie est présente dans toute la ville : panneaux traduits en russe, un marché russe mensuel, et la liberté d’aller et venir dans une zone de 30 km pour les frontaliers. Nous avons poussé jusqu’à la frontière… mais le panneau est suffisamment explicite pour qu’on rebrousse chemin…
 
 
 
Kirkenes est une ville plutôt quelconque, reconstruite, car fortement marquée par la dernière guerre. Nous ne sommes pas particulièrement attirés par les histoires de guerre, mais nous avons été sensibles à l’histoire de cette ville.
 
Toute la région était occupée par les allemands en raison de sa position stratégique pour barrer le ravitaillement des troupes russes par la mer, et parce que je crois qu’ils craignaient un débarquement des troupes alliées par le nord.
A l’époque 160 000 allemands en garnison dans la région, pour 10 000 habitants… En partant, ils ont brûlé pratiquement toutes les maisons épargnées par les bombes russes. Il ne restait que 39 maisons debout après leur départ.
 
 
Nous avons visité le « Borderland Museet », musée de la frontière, qui retrace les conditions de vie des habitants pendant la guerre de 40. Un avion russe occupe l’ensemble de l’espace du musée : tombé en mer en octobre 44, renfloué 40 ans plus tard, restauré gracieusement par les russes qui l’ont offert au musée.
 
Avant…
Après
 
Le pilote s’en est sorti, mais pas son tirailleur à l’arrière, qui a mal compris les ordres du pilote et a sauté de l’avion trop tôt…
 
Les allemands avaient ordonné aux habitants de la province du Finmark d’évacuer vers le sud. Beaucoup ont refusé et se sont réfugiés dans des grottes. A Kirkenes, la compagnie minière a mis un tunnel à disposition des familles qui voulaient rester. 11 bébés sont nés dans ce tunnel pendant ces quelques mois.
 
Beaucoup de prisonniers étaient envoyés dans la région dans des camps. Parmi eux, quelques centaines de professeurs de Norvège qui avaient refusé de relayer la propagande du gouvernement dans leurs classes. Le gouvernement a fini par céder en déclarant l’apolitisme de l’association des professeurs, qui ont pu réintégrer leurs classes.
 
Dessins des professeurs pendant leur captivité
 
 
Un réseau de partisans norvégiens, formés aux transmissions par les russes, était disséminé tout au long de la côté nord et renseignait les russes sur les activités des allemands.  Quelques-uns opéraient à Kirkenes, cachés dans une grotte avec leur équipement. Leur histoire restée inconnue jusqu’en 2005.
 
Photos des partisans de Kirkenes qui transmettaient des informations aux Russes basés à Mourmansk
 
Les habitants de Kirkenes ont construit un bunker souterrain pour s’y réfugier lors des bombardements. Il y a eu plus de 700 alertes en quelques mois. C’était un espace pour 2500 personnes. S’il y avait 3 alertes dans la nuit, ils devaient y revenir 3 fois car ils ne pouvaient pas y rester trop longtemps par manque d’air. Il y a une maison au-dessus maintenant…
 
Entrée du refuge souterrain, en pleine ville.

Pour terminer ce chapitre sur une note un peu plus légère, voici la statue du soldat russe libérateur, érigée près du bunker :

 
 
Il a le pied droit posé sur un rocher. Or à l’origine, il piétinait l’aigle allemand, mais la symbolique a dû être jugée un peu trop agressive lors de son inauguration, et il a été remplacé par un rocher, ce qui lui donne une position un peu irréelle (surtout de profil). Voici le moule d’origine, exposé au musée :
 
 
 
Le musée retraçait aussi l’histoire de l’exploitation minière dans la région pendant une centaine d’années. Le site a été racheté une demi-douzaine de fois depuis une quinzaine d’années… avec beaucoup de licenciements à la clé.
 
installation d’explosifs
 
Et tout musée du Finmark ayant un espace dédié aux samis, celui ci ne déroge pas à la règle. Mais pas vraiment de choses intéressantes hormis quelques tableaux de John Savio, un peintre sami, d’anciennes photographies de familles samis, et un traineau assez bien conservé.
 
 
Et c’est fini pour la Norvège. Demain nous traversons la Finlande pour rejoindre la Suède et les chutes de Storforsen.
 
Note : traduction de l’affiche en tête de cet article (avec l’aimable autorisation de mon émérite soeur Hélène) :
    Buvons l’eau de notre Dniepr natal,
    Et bientôt nous boirons celles du Léman et des fleuves Prout et Boug
    Purifions notre terre soviétique
    Des malpropres nazis.

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