Vendredi 21 novembre : un ancien petit paradis : Hell-Bourg, (comme son nom ne le dit pas)

Nous quittons le bord de mer pour grimper en direction du Cirque de Salazie.

Les routes sont belles et la végétation luxuriante
Un joli piton émerge au milieu des parois

Le temps commence à se couvrir mais nous tentons quand même une petite rando vers la Cascade Blanche.

Mais j’abandonne assez rapidement quand le chemin devient trop accidenté, caillouteux et glissant, sans compter que j’ai déjà 3 jours de crapahutage dans les pattes et des courbatures plein les jambes… Et vue de loin, elle est déjà très belle, non ?

Un peu plus haut, on trouve la cascade du voile de la mariée, qu’on peut admirer depuis la route en plus…

On arrive à Hell-Bourg, une ancienne station thermale créée vers 1830 à la suite de la découverte d’une source chaude de 31°.

Avant cette découverte, l’endroit était inhabité, sauf par des esclaves « marrons », c’est-à-dire des esclaves qui s’étaient enfuis de chez leurs maîtres et avaient trouvé refuge dans ces montagnes inaccessibles. Plusieurs pics et sites portent le nom de quelques-uns de ces esclaves, en général rebelles, devenus célèbres. L’État envoyait des troupes à leur recherche (manque à gagner de main-d’œuvre pour les planteurs). S’ils étaient repris, on leur coupait une oreille. S’ils recommençaient et qu’ils étaient à nouveau repris, on leur coupait l’autre oreille et un jarret. Et là troisième fois, c’était la peine de mort. Horrible, non ?

Suite à la découverte de la source, le gouverneur d’alors, un alsacien du nom de Hell – d’où le nom du village – confie des concessions de terrains (soi-disant par tirage au sort) à de riches planteurs de la côte, qui y construisirent de belles demeures de villégiature de style… colonial bien sûr.

Ces maisons réunissent toutes les caractéristiques du style colonial : le bois, la symétrie, les formes géométriques du fronton, la véranda, les lambrequins (frange) en bois ajouré, la couleur blanche, le portail en fer forgé, etc…
Et aux coins des propriétés, ils construisent des « guétali », c’est-à-dire des petits pavillons de « guet à lui » qui permettaient de voir tout ce qui se passait dans la rue, sans être vu !
Et à l’arrière de la propriété se trouvait un bâtiment séparé construit en pierre pour la cuisine (par crainte des incendies)

Hell-Bourg est le seul village de tous les DOM-TOM à avoir reçu le label des plus beaux villages de France, grâce à une initiative privée organisée en association qui a candidaté.

C’est la maison, entièrement restaurée, du Président de l’association qui gère le label
Celle-ci appartient à la DDE, pour les vacances des salariés, mais elle reste inoccupée depuis 20 ans et est laissée complètement à l’abandon
C’est le clocher de l’église, tombé 2 fois suite aux cyclones, du coup ils l’ont replacé à côté
Ancien hôpital militaire au XIXème siècle, racheté il y a plusieurs années par un groupe hôtelier mauricien, mais… rien n’est construit depuis, et tout se dégrade fortement

Petit à petit la station thermale a été concurrencée par un autre site sur l’île (Cilaos), et le cyclone de 1948 a emporté la source, le coup de grâce pour le village.

Nous visiterons demain l’intérieur de l’une de ces maisons.

Et tout au long de la journée… tombe la pluie, mais il fait chaud, pas comme en métropole 😂

2 Replies to “Vendredi 21 novembre : un ancien petit paradis : Hell-Bourg, (comme son nom ne le dit pas)”

  1. Il y a quelques semaines partait d’un des cirques la « diagonale des fous », trail de plusieurs centaines de kilomètres durant plusieurs jours.

    Dommage ! vous êtes arrivés trop tard 8

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Sans tambours ni trompettes

Blog voyages de deux jeunes retraités, n’offrant ni conseils ni bonnes adresses, juste des cartes postales sympas (comme nous) pour garder le contact avec la famille et les amis que ça intéresse. Et ça servira de pense-bête quand nos neurones joueront à cache-cache.