Ce matin, en route pour le MoMA – le Museum of Modern Art de New York – à pied, car ce n’est pas très loin de l’hôtel. En route, on est prévenus :

Immense musée et nous n’avons que 2 heures à lui consacrer… Mais c’est comme dans tout, ce n’est pas la quantité qui compte, alors on restreint notre choix sur l’époque la plus ancienne du musée, au 5ème étage : les années 1880 à 1940, et tant pis pour le modernisme du coup, mais il faut un début à tout. Faudra revenir…
Ci-dessous un choix tout-à-fait personnel de quelques oeuvres qui m’ont plu.
Ca démarre très fort avec cette toile de Picasso, sobrement intitulée « le Charnier »… une toile monumentale sur les horreurs de la 2nde guerre mondiale, commencée quelques mois seulement après qu’il ait déclaré qu’il ne voulait pas peindre la guerre.

Picasso s’est inspiré des nombreuses photos publiées dans les journaux montrant des amoncellements de corps lors de la libération des camps de concentration nazis. Il dépeint les membres d’une famille brutalement enchevêtrés sous une table de salle à manger. Même abstrait, le tableau est dramatiquement expressif
On change de registre avec l’ami Dali et son impressionnant buste de femme, conçu en 1933 et certains éléments reconstruits en 1970 (le pain, peut-être ?…).

La légende détaille les matériaux utilisés : porcelaine peinte, pain, maïs, plumes, peinture sur papier, perles, encrier, sable et deux stylos

On rentre totalement dans l’histoire et on cherche qui est l’assassin et qui menace…

(cadeau de M. et Mme Pierre Matisse au musée en 1965)
Le titre est vague mais la description est précise : perroquet empaillé sur perchoir de bois, bas de soie fourré avec jarretière en velours et chaussure de poupée en papier suspendue dans un cadre en boisson creux, chapeau melon, boule de liège suspendue, poisson celluloïde et carte gravée


Très fort contraste entre le réalisme de la bouteille, du verre et des couverts, et cette tranche de jambon qui nous regarde d’un oeil… pensif ? Vous lui donneriez quel attribut à cet oeil, vous ?


Et en plus, elle tourne ! Pour les quelques hésitants qui cherchent la connexion entre l’art et une roue de bicyclette, rien de mieux que l’artiste lui-même pour aider à la trouver : https://www.moma.org/audio/playlist/296/3787

C’est une vue de la chambre de Mme Matisse, avec des objets quotidiens au 1er plan,
et le toit de l’atelier de l’artiste au 2nd plan

N’est-il pas magnifique ce parc ?

La réaction choquée des premiers à voir ce tableau dans son studio parisien en 1907, combiné à son titre dérangeant pour l’époque qui évoque des travailleuses du sexe, ont freiné Picasso à l’exposer pendant les presque 9 années suivant sa conception.

Il y avait presque autant de monde devant ce tableau que pour la Joconde au Louvre… Mais j’ai réussi ! Les couleurs de la photo ne reflètent pas du tout la profondeur du tableau. C’est beaucoup mieux en vrai !

Ici le célèbre passage quand la fusée atterrit dans l’oeil de la lune (8 s sur les 12 mn du film).
Inspiré par le premier film des frères Lumières, et par les romans de Jules Verne ou H.G. Wells, Méliès réalise là le 1er film de science-fiction.

Pris par le temps pour honorer notre RV de 13h30 avec la guide, on a déjeuné (très bien !) sur place et sur le pouce quand même. Et on est arrivés bien en retard au RV (retards sur la ligne de métro, gourance à la sortie du métro, on est partis dans l’autre sens… C’est pas comme si on avait été scouts !). Mais pas de stress, la guide était sympa et comme on était les seuls, elle a eu la gentillesse de nous attendre.
Elle nous a emmenés dans des quartiers assez peu visités de Washington Heights, un quartier du district de Harlem, dominé par une forte population dominicaine. On commence par faire un tour dans un supermarché de quartier, au rayon des fruits et légumes, dont la plupart viennent des îles.



Martine notre guide nous emmène ensuite en bus dans un autre quartier, pour prendre une rue qui mène à un ancien manoir historique. Cette rue est bordée par un alignement d’anciennes maisons à colombages, qu’on ne s’attend pas du tout à trouver ici.


Au bout de cette rue, on débouche sur le manoir Morris-Jumel, à l’origine la résidence d’été d’un colonel britannique Morris, devenu à l’automne 1776 le quartier général de George Washington et de son fidèle Hamilton dans leur combat pour l’indépendance.





On poursuit notre chemin en s’arrêtant dans une petite échoppe de restauration rapide portoricaine ou dominicaine je ne m’en souviens plus. Martine achète quelques petits encas typiques que nous irons déguster dans un parc voisin.





Et à la sortie du parc, Martine nous paye une glace !

On reprend le bus et Martine nous fait découvrir un parc magnifique, le Fort Tryon Park : merci au milliardaire David Rockefeller qui offrit ce parc en hauteur à la ville de New York en 1930, en se réservant le sommet pour y « importer » et reconstituer un monastère et 4 cloîtres du midi de la France.
Mais c’est le jardin que nous allons visiter, le Heather Garden- ou jardin des bruyères – un véritable havre de paix en pleine ville. Comme beaucoup de monuments ou de sites historiques à New York, c’est un trust privé qui s’occupe de la préservation et de l’entretien.










C’était tellement beau ce parc, que je pense que c’est là que j’ai perdu mon chapeau, quelque part sur l’un de ces bancs🤠. Ensuite on est rentrés en métro. Le métro à New York fait au moins 2 fois la longueur de celui de Paris!

Et RV demain pour la suite de nos aventures newyorkaises.

