Bosa, une ville haute en couleurs

Dimanche 9 et lundi 10 juin

On repart en direction de Bosa, environ 70 km plus au nord.

En chemin, on s’arrête déjeuner à Cuglieri, une jolie bourgade accrochée à la colline. Une petite grimpette jusqu’à la basilique Santa Maria della Neve, d’où on embrasse un beau panorama.

Le temps est couvert
Nous sommes dimanche, les fidèles se pressent pour assister à l’office

À l’approche de Bosa, on attrape une première vue de la ville, surmontée de son château.

Mais le temps se couvre, ce qui est dommage pour apprécier les couleurs. On choisit un « agricamping » pour poser le camping-car, à 4 km de la ville.

Les quelques commentaires sur le lieu parlent d’un endroit « rustique ». Mais on n’imaginait pas à quel point ..

Côté pipi et côté caca… 😂

La pampa, ça se mérite ! Bon, nous on est autonomes à ce niveau-là, heureusement. Les propriétaires sont un jeune couple, de sympathiques bobos – antimilitaristes à souhait – qui proposent une quinzaine de larges emplacements en pleine nature.

On est tout seuls quand on arrive, alors on choisit un bel emplacement à l’ombre. C’est idyllique, calme, des montagnes tout autour, on adore ce moment à cet endroit.

Arrive un van allemand, un jeune couple avec 2 enfants en très bas âge. Et devinez quoi ? Sur les milliers de m2 du lieu, ils choisissent de s’installer… juste derrière nous !

On adore les enfants, les nôtres petits et grands en témoigneront, mais on a aussi été éduqués pour ne pas déranger les autres. Un bébé et un petit d’à peine 3 ans, on se doute que ça s’exprime, sans parler du remue-ménage d’une famille en vacances… à même pas 1 ou 2 mètres de nous, sur un espace immense et vide ailleurs. C’est nous qui sommes devenus de vieux aigris, ou quoi ?

On déménage donc plus loin, et on a bien fait parce que les petits ont mis du temps à s’endormir, à se réveiller, à se laver, etc… mais de loin, ça dérange pas et on comprend très bien.

Le lendemain matin, on roule les 4 km jusqu’au château qui surplombe Bosa. Vue magnifique à 360° :

Du château, il ne reste pas grand chose hormis les remparts et les tours.

Les différentes phases de construction au fil des siècles

Daté du 12ème siècle, il fut offert, ainsi que toute la vallée du fleuve Temo en contre-bas (c’est cadeau !) par le pape Benoît VIII à la famille toscane Malaspina, en remerciement de leur participation aux croisades contre les Sarrazins.

C’est le même architecte qui a conçu les tours de Cagliari
Une petite église au milieu, au départ une simple chapelle construite par le Marquis de Malaspine dans l’enceinte du château, elle a connu par la suite différentes phases d’agrandissement.

De magnifiques fresques ornent ses murs, auparavant dissimulées sous une couche de chaux pendant plus de 500 ans.

Peintes dans la 1ère moitié du 14ème siècle, elles sont probablement l’œuvre d’une école italienne (Sienne ?).

Elles ont toutes une signification symbolique, que je ne détaillerai pas ici (brochure sur demande !), mais sachez que ça a grandement à voir avec la religion et la morale.

Elles furent remises à nu et superbement restaurées de 1975 à 1981

On quitte le château pour descendre visiter la ville, ses ruelles étroites, ses façades caractéristiques multicolores.

Demandez la couleur, y’en a pour tous les goûts !
L’église de la Madonna del Carmine, de style baroque piémontais, avec ses décorations de trachyte rouge, roche très répandue dans la région
L’imposant autel en marbre et stucs (1791)

On redescend jusqu’au bord du fleuve, qui se jette dans la mer un peu plus loin.

Une spécialité des femmes de Bosa : la dentelle
La Funtana Manna, en marbre blanc et trachyte rouge (1881)

En face, Sas Conzas, le quartier des anciennes tanneries, en activité jusque dans les années 60 :

Les entrepôts des tanneries, suffisamment près de la ville pour que les ouvriers viennent y travailler à pied, et assez loin pour préserver les habitants des odeurs pestilentielles

On traverse le pont pour aller contempler la ville de la colline d’en face :

Dernier spot visité : la Marina Di Bosa, sur le bord de mer, à 2 km.

On a vu autant de bunkers en bord de mer, restes quasi intacts de la dernière guerre, que de tours médiévales sur tout le littoral
La mer était pas mal agitée…
… mais pas sur la plage abritée

De l’autre côté de la plage, au pied de la tour et du bunker, on pense avoir identifié de la roche de lave qui se jette dans la mer.

Au 1er plan, un gros bloc de porphyre pourpre (on a déjà vu ça dans les leçons précédentes, pour ceux qui suivent 😂)
La mer et le sel ont peut-être creusé ces trous dans la roche ?…
… formant parfois des pas de yéti 😉
En fin de journée, on rentre dans notre pampa

Pendant notre séjour à la ferme, omniprésence d’une floppée de chats sur le terrain, plutôt malingres et… disons rustiques.

Ils étaient très patients à attendre un geste de bienfaisance de notre part, en vain. On ne donne rien à table chez nous, question d’éducation. Et on a dû en chasser quelques uns plus aventureux qui s’étaient hasardés à monter dans le camping-car, crime de haute trahison envers la nôtre…

Partout en Sardaigne, on a vu plein de chats, errants ou pas, et plein de petits bols d’eau disposés dans la rue au coin des portes.

6 Replies to “Bosa, une ville haute en couleurs”

  1. coucou ! J’ai plusieurs jours de retard mais le même bonheur de vous lire ! Encore un endroit, un recoin bien beau, surtout la plage ! La photo du quai des bateaux avec le pont en arrière-plan est une photo parfaite ! J’espère que quelqu’un a déjà fait une peinture de cet endroit !
    Et le beau camping…j’en reviens pas que des gens se soient installés directement à côté de vous !!!! Quel manque de savoir-vivre !!!! J’aurais fait comme vous. Sur le bord de mer, peut-être que la trace de pied est celle d’Alexandre-le-Grand !

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  2. Jeme répète (ehhh oui on peut commencer à dire que c’est l’àge) mais quelles photos magnifiques tu fais ma coupine

    Continue !!!

    Bizzz

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Sans tambours ni trompettes

Blog voyages de deux jeunes retraités, n’offrant ni conseils ni bonnes adresses, juste des cartes postales sympas (comme nous) pour garder le contact avec la famille et les amis que ça intéresse. Et ça servira de pense-bête quand nos neurones joueront à cache-cache.