L’isola Di San Pietro, l’autre Île de Beauté

Mardi 4 et mercredi 5 juin

Mardi, c’était notre journée D-Day, mais côté allemand 🥴👎

On se prépare à partir du parking surpeuplé, mais un van autrichien s’est garé en travers collé à notre camping-car à l’arrière. Et on doit reculer un peu pour enlever nos cales des roues avant. Comme ils dorment encore, on pensait y arriver en reculant très doucement, mais le rebond a fait toucher leur carrosserie avec notre porte-vélos… Je fais le tour pour m’excuser et ils sortent. S’ensuivent beaucoup de discussions avec chacun nos arguments, il est trop près, on aurait dû les réveiller… etc… un peu le cauchemar en pleines vacances. On tient bon (enfin Alain, moi je fais que traduire avec humilité…), et finalement, ils capitulent et on s’en va. Inutile de préciser que ça plombe un peu le début de matinée.

On roule un peu plus d’une centaine de km à l’ouest de Cagliari, vers l’embarcadère qui nous emmènera sur la petite île de San Pietro, encore un paradis de nature sauvage et de criques paradisiaques.

Mais on n’est pas encore au paradis, car sur une petite route de campagne, plutôt étroite, une voiture arrivant en sens inverse, on ne peut éviter de heurter le rétro d’une voiture arrêtée dans l’herbe sur le bas-côté et qui déborde sur la route…

Hum, hum, comment dire ? Rien en plus de 25 ans de km en camping-car, et ce matin on les cumule !

On trouve un espace pour s’arrêter un peu plus loin, suivis de la voiture. Son rétro – électrique, nous répète-t-il ! – pendouille misérablement sur le côté. Un jeune italien, qui ne parle… qu’italien ! Il nous montre son téléphone avec la photo d’un rétro neuf à 385 €… Glurps… Il propose d’appeler la polizaï, ou de faire marcher l’assurance, ou… de négocier. Alors, échaudés par notre mésaventure même pas 2 heures plus tôt, on négocie. Il veut 350€, on propose 100, il dit 300, on dit 150, etc… et on tombe d’accord à 220 🤝. On lui file la thune et il nous serre la main avec un grand sourire. C’est là que je lis une inscription tatouée en belles grosses lettres sur toute la longueur à l’intérieur de son bras : “Never give up ! » (N’abandonne jamais !). Sympathique, ce jeune, et nous, plumés ! 😂

Voilà, et c’est tout pour les contre-temps aujourd’hui ! On reprend la route et on arrive dans l’après-midi à Portovesme, une petite localité où on va prendre nos billets de ferry pour la traversée du lendemain, d’une quarantaine de minutes.

On débarque le lendemain matin à Carloforte…

…une bourgade très pittoresque aux rues étroites, aux escaliers surmontés d’arches, aux façades colorées de couleurs pastel, si typiques de l’Italie, et en particulier de Ligurie, puisque la ville fut donnée par le roi Carlo Emanuele III à un groupe de familles près de Gênes qui étaient jusque là implantées à Tabarka, en Tunisie. Ça va, vous suivez toujours ? 🤣

La statue du monarque figure en bonne place sur le port :

Il est représenté avec à ses pieds une famille d’esclaves affranchis, en hommage à un événement survenu en 1789, quand des pirates ont débarqué sur l’île, ont tué tous les hommes et tous les vieillards, et ont emmené environ 800 femmes et enfants comme esclaves. Ils sont restés prisonniers 5 ans, une centaine d’enfants sont nés durant cette période (no comment…), et c’est finalement ce bon roi Carlo qui a réussi à les rapatrier sur l’île.

Cette singulière histoire nous a été racontée par la guide-caissière du très modeste musée municipal del Duca… Visite obligatoire, donc !

Ce musée sur la vie des habitants de l’île est en grande partie consacré à l’activité historique des habitants, à savoir la pêche au thon.

La « guide », charmante mais à l’anglais aussi ancien que les objets qu’elle présente, nous a fait les honneurs des 4 ou 5 petites salles du musée, ancienne demeure d’un Duc… d’où son nom.

La demeure del Duca

Autant vous dire que je n’ai pu que grappiller quelques infos par ci par là (sous toutes réserves pour l’exactitude), et vous vous contenterez donc des images, comme nous 😂.

Les filets successifs vers lesquels sont dirigés les thons, qui migrent au large des côtes en mai-juin. Il ne reste qu’une madrague au nord de l’île, qui était fermée.
Anciennes méthodes de tueries de thons
Une ancre romaine
Des canons romains ?
Des moules géantes, à l’intérieur desquelles on extrayait des fils, avec lesquels on tissait des napperons ou nappes de dentelle (image ci-dessous)…
Comme on le voit, l’intérêt était relativement limité, et les commentaires en français plutôt superflus

On repart. La ville est vivante et colorée et la promenade très agréable.

Pour les amatrices de cactus… Certes, il faut un peu de place…
Le front de mer

On redescend déjeuner dans une poissonnerie-resto, un peu à l’écart du centre, mais toujours sur le bord de mer.

Une mouette ne quitte pas la devanture du resto, malgré les voitures qui passent, quémandant quelques miettes de poisson qu’elle n’obtiendra pas (on donne déjà pas à notre chatte)…

Elle traverse, remonte sur le trottoir, retraverse, vient tout près de la vitrine, repart… Une perspicace !
Et nous on se régale avec une divine tranche de thon et des pâtes à la poutargue (oeufs de mulet, le caviar sarde)

On passe tout l’après-midi à découvrir les 51 magnifiques km2 de l’île. Des étangs, des salines, des collines de garrigues, des plages aux eaux turquoise, et des falaises de basalte de toute beauté ! On ne s’est pas lassés… Je vous laisse apprécier :

Une saline
La plage de Punta Neta, côté privé…
…et côté public. C’est tout aussi beau, mais sans les parasols ni la buvette
La Punta delle Colonne
Ça rappelle les falaises d’Irlande, mais par beau temps !

Dernière halte au Capo Sandalo, la finis terrae italienne, le promontoire le plus à l’ouest de l’île et de l’Italie.

Un panneau nous informe que les falaises visibles à distance, 50 m de hauteur, sont des roches de lave polychromatiques comenditiques de 15-16 millions d’années. Je pense que vous vouliez le savoir.
À gauche, le petit îlot del Corno (15 m de hauteur), où foisonnent de nombreuses espèces de poissons, charriés par les courants marins. Tout en haut, un phare.
La photo est un peu de traviole mais quand je la redresse, on voit plus le phare… 😂

Des panneaux sur le parking nous informent que l’île est réputée depuis l’antiquité pour abriter des rapaces, les Phéniciens et les Grecs l’ayant surnommée l’île des faucons. En particulier, l’une des espèces les plus rares : le faucon de la reine Eléonore, dont on estime la population à environ 6000 couples au monde.

C’est un rapace migrateur, qui passe l’hiver à Madagascar (pas bête le lascar !) et dans l’océan Indien et vient nidifier dans le bassin méditerranéen au début de l’été, en particulier sur les falaises du Capo Sandalo

Pris dans nos émerveillements, on a juste le temps de revenir à Carloforte, acheter 2 gelati que je tiendrai en courant vers le ferry pendant qu’Alain me rejoint avec la moto, et la passerelle se referme derrière nous.

On ne regrette pas notre escapade sur l’île !

4 Replies to “L’isola Di San Pietro, l’autre Île de Beauté”

  1. Hahaha ! De moi côté, je me suis dit que ces napperons ne devaient pas sentir bien bon !
    Tout est très beau ! Belle petit ville colorée, superbe nature avec la mer aux eaux turquoises, vert clair, saphir, etc…Ahhhh, je sens que je commence à être jalouse !

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    1. Oui tu as raison, des nappes à la moule, non merci !
      La dernière fois que tu as été jalouse, tu as pris ton billet si je me souviens bien… Alors ? Ça se passe comment cette fois ci ? 😂

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Sans tambours ni trompettes

Blog voyages de deux jeunes retraités, n’offrant ni conseils ni bonnes adresses, juste des cartes postales sympas (comme nous) pour garder le contact avec la famille et les amis que ça intéresse. Et ça servira de pense-bête quand nos neurones joueront à cache-cache.