Cagliari, la capitale sarde

Dimanche 2 et lundi 3 juin

Nous sommes arrivés à Cagliari en fin d’après-midi dimanche. On s’est installés sur une aire de stationnement de  camping-cars, ou plutôt un parking sur lequel un grand Sénégalais – sympa mais peut-être commissionné au chiffre – fait le placier des véhicules en nous entassant  les uns sur les autres… Mais bon, on s’en fout, on est près du centre, on fait que dormir là et c’est gardé 24/24.

On a parcouru les artères à pied et en moto sur les 2 jours, la ville est agréable, animée, et offre des aspects très différents, entre le centre historique et les grandes artères modernes.

Ce qui m’a frappé, une fois de plus, ce sont ces arbres et bosquets magnifiquement fleuris à cette période.

Un festival de violet !
Le Bastion St Rémy et son escalier monumental à double volée…
…qui mène à une impressionnante terrasse…
…d’où on peut profiter d’un splendide panorama

De là, on pénètre ensuite dans le centre historique.

La cathédrale di Santa Maria, avec sa façade plusieurs fois remaniée, date des 13ème/14ème siècles
Elle se dresse sur la plazza Palazzo, qui aligne plusieurs belles façades de palais
Il reste très peu d’éléments des structures d’origine…
…parmi lesquels ces deux belles chaires du 12ème siècle, à l’origine une sculpture unique, offertes à Cagliari par la ville de Pise au 14ème siècle
On remarque sur l’escalier descendant à la crypte, ces belles incrustations de marbre

La crypte, appelée crypte des Martyrs et creusée dans la roche en 1618, a une histoire singulière : elle abrite les reliques de 179 martyrs retrouvés là quelques années plus tôt lors de travaux dans la cathédrale. Ils ont été déposés dans des niches fermées par de jolies plaques de marbre.

« Qui sait ? J’ai peut-être de la famille, là »… Une âme de martyr je vous dis !

On sort de la cathédrale, et on poursuit la visite du centre historique.

La tour San Pancrazio, 36 m de haut, construite en 1305, qui servit de prison au 17ème siècle, restaurée en 1906 (notamment les galeries en bois)
J’ai déjà vu ce touriste quelque part…
On poursuit la balade au hasard des rues et des places. Du linge aux fenêtres, l’Italie…
Jolis balcons

Un peu plus loin, la place de l’Arsenal, avec le musée archéologique national au fond (ancien arsenal royal, puis district militaire et caserne pendant la 2nde guerre mondiale, et réaménagé en musée en 1979)…

Très belle place, très harmonieuse
À droite la porte Di San Pancrazio, de face …
…et de dos
Et à gauche la porte Cristina, du nom de l’épouse du roi Carlo Felice di Savoia
Encore des belvédères d’où on embrasse toute la ville
…et encore des fleurs (je peux pas résister…)
Des ruelles sympathiques,
et toujours le même touriste…
Encore une belle vue
La tour dell’ elefante, jumelle de l’autre, construite 2 ans après sur le même schéma
Pourquoi de l’éléphant ?… Question difficile…
Une petite sculpture en relief à 10m au-dessus du sol
Et toujours ce touriste, l’air de rien, qui ne me quitte pas d’une semelle…
L’église San Michele
(le touriste mystère est toujours là…😉)
Tribune d’où Charles Quint assista en 1535  à la messe qui précéda son départ à la conquête de l’Afrique du Nord
Construction sur fin 17ème début 18ème, mêlant architecture jésuite (une seule nef et des chapelles à voûte en berceau) et décoration baroque (TRÈS baroque !)
Statue de Saint-Michel (17ème s.)
Coupole à pans octogonaux
La sacristie, de plus en plus rococo, avec peintures, fresques  et omniprésence de bois richement sculptés

Arrêt déjeuner dans un petit resto à la décoration vintage

Affiché au mur du restaurant, un journal du 29 mai 1960, retraçant un « incident diplomatique » en pleine guerre froide. Traduction de la légende :
La conférence qui avait réuni les 4 grands à Paris a échoué à cause de l’intransigeance de Khrouchtchev. Le peintre
Molino imagine ainsi la scène qui aurait eu lieu quand le leader soviétique a exigé d’Eisenhower des excuses formelles pour l’affaire de [l’avion espion américain survolant l’URSS et abattu par les russes] U2. Dans le ciel, le vaisseau Spoutnik a été lancé quelques heures avant l’ouverture de la conférence.
Et nous on s’est enfilé 2 bruschettas, 1 bière et 1 verre de vin blanc, parce que toutes ces religiosetés et ces vieilles pierres, ça creuse !

L’après-midi, on reprend la moto pour aller voir à une dizaine de km de la ville, d’anciennes salines, où des flamands roses élisent domicile ici au printemps pour nidifier, en compagnie de plein d’autres espèces d’oiseaux migrateurs ou marins.

On gare la moto devant les bureaux du parc, qui est immense, on se fait expliquer 3 fois par où passer, et… on se perd ! Pas de problème, on est au milieu d’un parc ombragé, alors autant faire une petite sieste.

Et voici les seuls flamands qu’on a pu approcher :

Pas découragés, on reprend la moto pour poursuivre la balade vers la ville voisine de Quartu. On (enfin je) est (suis) curieux(se) d’aller voir des maisons construites en ladiri, des briques de terre crue mêlée de boue et de paille puis séchées au soleil. En fait des « nombreuses constructions » sensées exister dans le quartier de Cepola, on a réussi à en trouver une… un poil délabrée :

C’est déjà un progrès par rapport aux flamands… Ce matériau pauvre serait actuellement très prisé des constructeurs écologistes pour concevoir des maisons fraîches en été et chaudes en hiver.

Il nous restait un dernier truc à voir que j’avais relevé dans le programme de la journée (oui, c’est moi qui compose le menu touristique 😊) : les œuvres de la compagnie théâtrale Is Mascareddas.

Un atelier de confection de pantins et de marionnettes !
J’ai fortement pensé à notre grande June, qui aurait certainement adoré se retrouver ici !

Un charmant jeune homme s’est avancé vers nous et nous a guidé à travers l’atelier et ses étagères de marionnettes. 

D’après ce que j’ai pu comprendre, ils s’inspirent de personnages créés par l’artiste sarde Fortunato Depero (mort en 1960) et de 2 de ses « disciples », qui racontent des histoires de la vie quotidienne ou religieuse des ruraux et villageois dans les années 20, dont les tous premiers re-créés ci-dessous par l’atelier :

C’est l’histoire de survivants après la guerre, qui tentent de se reconstruire

Et plein d’autres, dans des styles différents, qu’ils mettent en scène lors de différentes manifestations :

Le guide nous confirme que les enfants sont scotchés par les histoires lors des spectacles
Certaines sont maniées en les enfilant sur la main, d’autres avec des ficelles
Elles sont articulées par des éléments soit en bois, soit en chiffons

Une journée bien remplie ! Pour finir, petit aperçu d’une de leurs affiches de campagne pour les élections européennes, des personnages aux styles très différents eux aussi :

Les « Verts de gauche » si je comprends bien… Enfin une candidate de conviction, qui joint la parole aux actes !

Et c’est tout pour aujourd’hui !

5 Replies to “Cagliari, la capitale sarde”

  1. J’avais écrit mais ça n’a pas marché….Je reprends car les deux thèmes sont faciles : arbres et marbres !
    Quel est le nom de cet arbre mauve merveilleux ? Est-ce cela un jakaranda ?
    Et ces marbres…Oh my God ! Que de beauté !!!!!Autrement, bien belle ville, avec un port où l’on voitun beau bateau de croisière ( trop gros mais bon…), ça donne des idées pour me faire passer ma jalousie !

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  2. Ah oui ! Très belle ville !!! J’ai même vu qu’il y avait un gros paquebot de croisière accosté ! Ca donne le goût d’y aller, ne serait-ce que pour les arbres, les ma-gni-fi-ques arbres mauves de tes magnifiques photos ! Svp, as-tu le nom de ces arbres ? Est-ce que ça se peut : jakaranda ? Ah, merci !!!!! Super intéressant cet atelier de marionnettes !

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Sans tambours ni trompettes

Blog voyages de deux jeunes retraités, n’offrant ni conseils ni bonnes adresses, juste des cartes postales sympas (comme nous) pour garder le contact avec la famille et les amis que ça intéresse. Et ça servira de pense-bête quand nos neurones joueront à cache-cache.