Fast mais pas Furious !

Mardi 10 au jeudi 12 octobre

Le récit de notre voyage ne serait pas complet sans un petit mot sur la conduite à Naples et son agglomération.

Nous en avons largement fait l’expérience dès le soir de notre arrivée avec le camping-car. Nous avions pour destination une aire de camping qu’on nous avait recommandée au nord de Pompéi, tenue par le beau Giovanni.

Le GPS nous amène au début d’une voie étroite, sans trottoirs, bordée par des murs. Déjà on commence à prier pour que personne ne vienne en face, mais bon avec un peu de chance il ne reste que 2 km.

Mais arrivés à un croisement je dis instinctivement stop à Alain en voyant un panneau d’interdiction « Chiuso 1,5 km », c’est-à-dire rue fermée à 1,5 km !

L’avant du camion est pratiquement engagé dans la rue, on fait un peu plus de 7 mètres de long, il fait nuit bien sûr, et les 2 rues du croisement sont comme je l’ai dit étroites et murées de chaque côté…

Pas le choix, faut bouger. Alors commencent les manœuvres de demi-tour, un petit coup en avant, un petit coup en arrière, et mon pilote de compétition – qui en a vu bien d’autres – remet le camion dans l’autre sens. Et les napolitains qui attendent très gentiment dans leur voiture qu’on ait dégagé la voie, en nous faisant des signes « Chiuso ! Chiuso ! »… Ben oui, on avait remarqué 🤪

On a fini par arriver au but en faisant au moins 10 km de détours… Heureusement Giovanni nous a accueillis avec un petit verre de limoncello, ça requinque son homme en guise d’apéro ! Le lendemain un autrichien est arrivé au camp dans un état psychologique en dessous de zéro car il lui est arrivé la même mésaventure, sauf que lui n’avait pas vu le panneau et arrivé devant la barrière du chantier il a dû faire 300 m en marche arrière dans cette rue impossible…

La suite de nos déplacements se fera avec la petite moto, pour aller à Herculaneum, au musée de Naples puis à Sorrente pour embarquer pour Capri.

Oui, la famille est au complet !

Et là, j’ai retrouvé le Alain de nos 15 ans, complètement azimuté par la conduite sonore et fantasque de ses congénères, se faufilant allègrement entre les voitures, saluant d’un « va bene! » les autres motos au feu rouge (ce qui représente la quasi intégralité de son vocabulaire en italien, avec « go, go, go, qui peut se comprendre partout! »). C’est le Macadam Cow Boy, version napolitaine.

Et moi, derrière, devinez ce que je serre très fortement… J’ai beau rouspéter, son âme d’ado en pétrolette s’est ranimée et il n’y a rien à faire, il s’éclate comme un petit fou.

En réalité on a trouvé les napolitains très calmes et très aimables entre eux. On force le passage, on se faufile, mais avec l’assurance tranquille que tout va bien et que toute cette grouillante activité est bien normale. Les petits coups de klaxon ? C’est juste pour prévenir, attention je suis là, attention je passe devant, oui j’ai le temps, attends c’est mon tour, ah désolé pas vu le feu, mais si, ça passe, une ligne blanche? Où ça ? Etc… Et on s’est coulés incognito dans ce joyeux bordel où tout s’imbrique en fin de compte plutôt pas mal… Vaut mieux avoir confiance dans le pilote quand même…

On a traversé des quartiers à l’aspect plutôt délabré, mais tellement vivants, tellement animés de vie quotidienne et besognes ordinaires. Regarder tous les gens s’affairer à leurs activités, glaner en passant des petits bouts de vie, voilà ce qui m’a aidée à détourner mon attention de notre improbable équipée sauvage.

Après la visite du musée archéologique de Naples, on se cale l’estomac avec une part de pizza bien grassouillette achetée dans une petite échoppe familiale. Je me hisse sur un tabouret haut devant un guéridon où sont déjà attablées deux jeunes femmes très sympas dont l’une entame joyeusement la conversation. Elles sont venues se renseigner pour prendre des cours d’anglais. On bavarde le temps de finir d’ingurgiter ma pizza mais j’en laisse un peu pour la poubelle.

Une église à la façade classique coincée entre deux rues

Ensuite j’ai voulu retourner voir les belles statues incroyables de la petite chapelle Sansevero que j’avais admirées presque par hasard lors de notre précédent passage, et par chance, ce n’est qu’à 600 m de là. Mais arrivés sur place, c’est la queue pour entrer… Vu que l’église est toute petite, je peux comprendre qu’on fasse rentrer au compte goutte. Pas vraiment envie de prendre la file, alors voici les deux chefs-d’œuvres incroyables en marbre que je voulais revoir :

Le Christ voilé, de Giuseppe Sanmartino
Pour les amateurs : cf vidéo 3 mn sur arte :  https://www.arte.tv/fr/videos/111833-000-A/les-mysteres-du-christ-voile/
La Pudeur, d’Antonio Corradini

On choisit donc de se promener dans le quartier.

Eh bien il avait complètement changé pour devenir un endroit hyper touristique ! Avant, c’était des rues « normales », habitées par des italiens, moyennement fréquentées. C’est devenu encombré de touristes avec les boutiques et cafés qui vont avec… Double déception donc…

Une devanture qui dévoile un incroyable bric à brac

Pour se consoler, on va s’asseoir pour boire un café. Un voisin suédois bègue, avec sa compagne sami, engage la conversation… Pas facile… On arrive à échanger quelques expériences, mais pas beaucoup.

Polichinelle: toucher son nez porterait bonheur (j’en ai pas besoin :-))

Et on rentre goûter le calme du terrain de camping, et d’une soirée avec les incessants aboiements de chiens voisins et les feux d’artifice qui ont pété dans le voisinage sur le coup de minuit les 3 soirs de notre séjour, mais c’est pas très grave parce que l’Italie, on l’aime ou on la quitte !

2 Replies to “Fast mais pas Furious !”

  1. Oui moi aussi totale confiance depuis le temps, mais n’empêche que pendant ces quelques sorties napolitaines à moto, il m’est arrivé de regarder le ciel, ou mes genoux, mais pas devant, et de constater ensuite que ben si, on s’en était sortis une fois de plus… Et comme le ménage, je ferai quand même pas ça tous les jours…

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  2. Alors si un jour vous visitez Kampala, et que vous ne supportez pas les embouteillages, la moto est une option… Mais vous allez regretter le côté « tranquille ça passe »des Napolitains!
    Mais oui je confirme, totale confiance dans le pilote, le seul avec qui j’ai jamais eu peur ; bon ok, j’ai fait de la moto qu’une seule fois avec Alain dans Paris je devais avoir 15 ans :-)), mais en voiture c’est pareil!

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Sans tambours ni trompettes

Blog voyages de deux jeunes retraités, n’offrant ni conseils ni bonnes adresses, juste des cartes postales sympas (comme nous) pour garder le contact avec la famille et les amis que ça intéresse. Et ça servira de pense-bête quand nos neurones joueront à cache-cache.