Herculaneum, l’autre ville engloutie par le Vésuve

Mardi 10 octobre

Avant la grande remontée au bercail, nous avons planté le camp à Pompéi pour quelques jours, juste au pied du Vésuve, un défi !…

Pas de grand danger en vue, juste une toute petite bouffée de rien du tout…

Ayant déjà visité Pompéi il y a une quinzaine d’années, on a voulu profiter de notre passage à Naples pour visiter le site archéologique d’Herculaneum, l’autre ville à avoir été totalement détruite par l’éruption du Vésuve en 79 après J.C.

Au matin du 24 octobre, les habitants virent la fumée de cendres et de pierres ponces qui ensevelissait la ville voisine de Pompéi.

Les bois carbonisés des poutres ont été étonnament préservés en raison d’un phénomène chimique provoqué par les différentes couches de différents matériaux, trop fastidieux à décrire, mais qui se sont amoncelés sur une épaisseur de 30 mètres et ont fait reculer le rivage de 400 m.

Les premières fouilles et opérations de déblaiement ont commencé au 18ème siècle, avant celles de Pompéi, sous l’impulsion des rois de Bourbon-Siciles qui régnaient à Naples et ont organisé et contrôlé les travaux pour mettre fin aux pillages.

On estime les vestiges dégagés aujourd’hui à environ 1/4 de l’ensemble de ce qui existait à l’époque, soit une vingtaine d’hectares. Les fouilles sont bloquées aujourd’hui par la proximité de la ville moderne tout autour du site, sous laquelle se trouvent notamment encore enfouis la majorité des édifices publics et religieux.

En effet, la nouvelle ville de Resina (aujourd’hui Ercolano) fut reconstruite sur la couche de tuf volcanique très dure qui avait recouvert la ville sur 30 mètres, et une nouvelle couche de lave se rajouta sur Résina lors d’une nouvelle éruption en 1631. Personnellement, je pense que j’aurais déménagé si j’avais eu la chance d’y survivre…

« Restaurant » ou on choisit son plat parmi les amphores

Au début, on creusait péniblement des tunnels dans le dur du tuf, à la recherche d’objets précieux ou de marbres, creusant au petit bonheur la chance, perçant des murs sans précautions particulières.

Les clients s’installaient pour manger dans un espace dédié à l’arrière de l’échoppe

A partir de 1828, les fouilles se poursuivirent à ciel ouvert. Au 20ème siècle, on découvrit plus de 300 corps dans les arcades à bateaux de l’ancien rivage, et on mit à jour également la maison des Papyrus où plus de 1700 rouleaux de papyrus grecs furent découverts. Toutes les découvertes enrichissèrent grandement les connaissances sur la civilisation romaine de l’époque.

Ci-dessous quelques salles et espaces de la belle Casa di Cervi, la maison des cerfs :

Les fouilles furent souvent interrompues et le site laissé à l’abandon pendant plus de 50 ans jusqu’en 1927, ce qui endommagea des galeries, des charpentes carbonisées et des fresques de façon irrémédiable.

Depuis le 20ème siècle, les méthodes se sont professionnalisées, et des travaux considérables de préservation ont été effectués, notamment sur le rivage des arcades.

Le bord de mer reconstitué, avec les arcades à bateaux

A l’époque de l’éruption, Herculaneum surplombait la mer et la plage fourmillait de pêcheurs et de gens qui apportaient des marchandises dans la ville. La nuit du drame, plus de 300 habitants attendaient ici la venue de bateaux pour les secourir. Mais vers 1h du matin, avant qu’ils aient pu s’échapper, la première coulée pyroklastique – une énorme coulée de roches ardentes entre 300° et 500°C – frappa la ville et s’abattit sur les habitants pendant leur sommeil, les tuant instantanément.

Cet ancien rivage étant considéré comme une source précieuse et unique, de gros travaux de pompage et de renforcement ont été entrepris, ainsi que l’installation d’un rivage factice, tel qu’il était en 79 après J.C.

On trouve de nombreuses petites échoppes le long des rues, certaines encore à déblayer

Ci-dessous la maison des Augustales, une sorte de confrérie d’hommes libres dédiés au culte de l’empereur Auguste. La construction fut financée par deux frères? Proculus et Iulianus.

Au fond de la pièce principale, un sanctuaire avec des fresques mythologiques (ci-dessous)

Alain (pas moi bien sûr…) avait remarqué que les chaussées n’étaient pas usées sur les flancs par les chars, comme c’était largement le cas à Pompéi. En cherchant sur internet, j’ai eu confirmation que les ruines dégagées laissent effectivement conclure à une ville paisible, sans grande circulation, avec quelques boutiques et petits ateliers.

De belles villas également, qui évoquent une cité de villégiatures pour riches patriciens romains ou napolitains…

…mais également pas mal de petites maisons d’artisans.

Une échoppe où on voit bien les poutres carbonisées
La boulangerie – il y en a deux sur le site
Le gymnase

Bien qu’Herculaneum soit moins connue et moins visitée que Pompéi, ses vestiges sont pourtant bien mieux conservés, et sur un espace bien plus concentré. On ne regrette pas notre visite, malgré les quelques difficultés que nous avons eues avec l’audiophone, dont les explications n’étaient pas toujours très claires.

Demain, le musée archéologique de Naples, où sont exposés tous les objets et fresques retrouvées à Pompéi et Herculaneum.

One Reply to “”

  1. D’abord merci pour toutes les photos de mosaïque + celle de la technicienne en restauration ; quel ouvrage titanesque !
    C’est un très beau site ! A noter le magnifique plancher en mosaïque de marbre…on se roulerait dessus ! Merci pour la très belle visite ! Aviez-vous déjà vu Ostia, l’ancien port de Rome, au temps des romains ? C’est sur le chemin du retour. On y avait passé un jour avec Marilou. Comme Herculaneum, c’est merveilleux et ça donne l’impression de se promener dans «  Le domaine des Dieux » d’Astérix !
    Vous avez bien du courage de dormir au pied du Vésuve mais comme votre maison a des roues, ça va plus vite pour s’enfuir dans le sens contraire du vent !

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Sans tambours ni trompettes

Blog voyages de deux jeunes retraités, n’offrant ni conseils ni bonnes adresses, juste des cartes postales sympas (comme nous) pour garder le contact avec la famille et les amis que ça intéresse. Et ça servira de pense-bête quand nos neurones joueront à cache-cache.