Au pays des Oliviers et des Trullis

Où qu’on soit dans la région des Pouilles, ce sont des champs et des champs d’oliviers à perte de vue, sur les flancs de montagne, à l’abord des villes, partout de vénérables centenaires ou de jeunes pousses émaillent le paysage, parfois concurrencés par des vignes ou des pins d’Alep.

Mais tout n’est pas rose pour l’or vert… En effet, je lis dans le guide vert (lui aussi), que depuis 2013 une méchante bactérie originaire du Costa Rica, et semble-t-il arrivée par cargo, s’attaque aux oliviers de préférence centenaires (soit 10% des 50 millions d’unités recensées avant la crise), les déssèche et finit par les tuer. Toute la production italienne – environ 450 000 tonnes quand même (2ème producteur après l’Espagne) – est menacée par cette cochonnerie, qui répond au doux nom de Xylella fastidiosa. Plusieurs millions seraient déjà atteints, en particulier dans la région du Salento, où nous nous trouvons, où certaines exploitations seraient décimées. A ce jour, on n’a pas encore trouvé d’antidote, et une solution consisterait à abattre des parcelles afin de mettre en place un cordon sanitaire, mais bizarrement, les cultivateurs ne sont pas d’accord…

Nous avons effectivement traversé énormément de zones infectées, en particulier au sud de Lecce :

Le site du Ministère de l’Agriculture explique que cette bactérie – véhiculée par des insectes encore non identifiés qui se nourrissent de sève brute – avait déjà gravement touché les vignobles californiens au XIXème siècle, ainsi qu’au Brésil à la fin des années 80. Le site confirme qu’elle touche effectivement spécifiquement les Pouilles depuis 10 ans, qu’il n’existe pas de moyen curatif, et que l’Europe a émis un réglement obligatoire – confirmé par un arrêté en France en octobre 2020, à la main des préfets – ordonnant l’arrachage et la destruction des plants contaminés afin d’enrayer sa propagation… En Italie, des mesures de lutte sont en place ainsi qu’une surveillance dans un rayon de 30 km autour des zones infectées, la Toscane ayant depuis 2018 été également touchée.

Que c’est triste de voir ces si beaux arbres, qui ont résisté des dizaines d’années, être anéantis si rapidement

Soyons optimistes : on a aussi vu beaucoup de champs replantés avec de jeunes pousses !

Profitons donc du spectacle grandiose que ces mastodontes nous offrent, pendant qu’il est encore temps ! Les troncs tordus, comme torturés, parfois creux et divisés en deux ou trois parties reliées à leur base, forcent l’admiration d’être encore là aujourd’hui pour livrer leurs précieuses perles (pfff… faut que j’aille me reposer…).

La vallée d’Itria, que nous venons de traverser, regorge d’alignements de ces specimens, et on ne se lasse pas d’en chercher d’autres aux troncs les plus originaux. La terre qui les nourrit est rouge, immaculément rouge, presque toujours labourée pour rester vierge de tout brin d’herbe inopportun.

Un dernier, pour la route ?

Notre balade nous a aussi fait croiser la route de nombreux trullis dans la campagne, parfaitement intégrés au paysage ou aux maisons, donnant parfois l’impression que la maison moderne a été bâtie autour des trullis originaux, souvent restaurés.

Et parfois, d’autres sont laissés à l’abandon, laissant voir de façon plus évidente la précarité des anciennes habitations.

Les vignes sont également très présentes dans toute la vallée, les vins produits ici étant souvent internationalement connus, notamment le blanc de Locorotondo, très goûteux. Une particularité : elles sont hautes, probablement exploitées à hauteur d’homme.

Arrivederci !

One Reply to “”

  1. Ces vieux oliviers sont tout simplement magnifiques! On dirait une forêt enchantée et à ce compte, on ne serait même pas surpris si un Hobbit passait par là !
    La couleur de la terre est surprenante. Vous qui avez vu les déserts et canyons aux États-Unis, vous ne trouvez pas que ça y ressemble? En tous cas, on voit que les italiens s’en sont servi pour fabriquer 3 ou 4 pots de peinture rouge-rouille et qu’ils l’ont étalée sur les deux maison colorées de Martina Franca ! Tout est dans tout !

    J’aime

Répondre à Anonyme Annuler la réponse.

Sans tambours ni trompettes

Blog voyages de deux jeunes retraités, n’offrant ni conseils ni bonnes adresses, juste des cartes postales sympas (comme nous) pour garder le contact avec la famille et les amis que ça intéresse. Et ça servira de pense-bête quand nos neurones joueront à cache-cache.