Polignano a mare et Monopoli : la dolce vita à la plage

Lundi 25 septembre

Heureusement que nous sommes fin septembre ! A voir la collection ininterrompue de parasols et transats vides bien alignés sur les grandes plages qui se succèdent sur la côte sud de Bari, on n’ose imaginer ce que devait être le paysage il y a un mois… Et comme il fait frais, et même pluvieux comme on le verra plus tard dans la soirée, elles sont désertes ! En Italie, on retrouve le système plages réservées (comme sur la côte d’azur je suppose), c’est à dire qu’hormis un mètre de large de l’eau, c’est payant. Les plages publiques sont rares et en général mal nettoyées.

Mais pas de problème pour nous, on s’est arrêté à Polignano a mare, à une quarantaine de km au sud de Bari. Petite ville balnéaire élevée sur des rochers, agréable sans plus, que je vous laisse apprécier.

Joli plafond peint et très bel orgue aux motifs végétaux

Nous avons progressé un peu plus bas et avons établi notre camp dans une aire de camping car très bien aménagée, peu de monde, bien équipée, avec des emplacements qui permettent de sortir table et chaises pour déjeuner et dîner dehors, avec un espace pour la moto.

Le seul hic… l’accueil : le bonhomme en haut de sa guérite fait des grands gestes agacés, en répétant un mot en italien qu’on ne pige pas, tout ça pour faire reculer le camping car d’un mètre pour qu’il puisse lire notre plaque sans bouger les fesses de son trône. Ensuite on descend et on s’approche, et sans lever les yeux de sa table nous dit d’un ton monocorde « Documento ! ». On lui donne, non on lui prête nos cartes d’identité qu’il prend toujours sans nous regarder, remplit sa paperasse et nous les rend avec un ticket sans prononcer d’autre parole. Bon, on s’en fout, on le méprise autant qu’il nous méprise, le lieu est chouette et tranquille, tout près de la mer, et on va même y rester jours parce que les 5 sites à visiter sont à une vingtaine de kms à la ronde, facile pour rayonner avec notre petite moto.

D’abord Monopoli, une dizaine de km au nord, ou en grec, « ville unique » (je me la pète pas, j’ai vraiment fait 2 ans de grec !). Nous parcourons le centre historique et le port.

Une petite crypte rupestre
La façade assez monumentale de la Cattedrale di Maria Santissima della Madia, 18ème siècle
… et l’intérieur de ladite cathédrale, une profusion de marquetteries de marbres de toutes les couleurs !
Tableau du peintre napolitain Francesco de Mura « La Cène »
C’est un morceau des 33 poutres de pin d’Alep (photo ci dessous) que le bishop Romualdo a trouvées sur le port et qu’il a utilisées pour la charpente de l’ancienne cathédrale. Ce bois a une forte odeur, qui le préserve des vers. Et ces poutres font l’objet d’une véritable vénération de la part des fidèles qui viennent se recueillir dans le sanctuaire de la Madonne de la Madia
Madia vient du mot espagnol d’origine arabe « al-madia », qui voudrait dire poutres, ou radeau (en bois d’Alep ?)
J’adore les pavés de pierre de toutes ces rues, semblables dans toutes ces villes
Le beau portail de la crypte (fermée), qui renferme entre autres une nécropole du Haut Moyen Age, comme le laissent présager les 2 élégants squelettes

Au hasard des rues, on est tombés sur un petit papy qui faisait toutes sortes d’objets en mosaïques (spéciale dédicace à la cousine Damarick !) :

Non, ce n’est pas un château de Frédéric II, il date du 16ème siècle, totalement remanié au 17ème

On termine par une agréable balade sur le port, autour du château.

« Ô combien de marins, combien de capitaines, qui sont partis joyeux pour des courses lointaines… « 
Plus prosaïquement, je crois qu’il surveille les nuages à l’horizon… et à juste titre (voir plus bas…)

Nous terminons par cette jolie place Garibaldi, où se dresse une tour de l’infamie (colonna infama), vestige du Moyen Age où on torturait et tuait les « infâmes », généralement infidèles.

Et on décide de rester dîner sur cette charmante place, car on a envie de poulpe, l’un des plats typiques de la région. On ne joue pas les timides comme la veille au soir à rentrer avec les poules dès qu’un nuage se pointe à l’horizon, non, on est des aventuriers, et malgré le temps qui se rafraîchit, on veut manger du poulpe ce soir, même à 6 h du soir, foi de Diduc !

On s’attable en terrasse et on commande un verre de blanc, du Verdeca, un cépage de la région des Pouilles, sec, excellent. Il fait quand même de plus en plus… frais, malgré le petit gilet, et on attrape nos verres pour s’installer à l’intérieur pour manger notre plat.

Ne pas se fier à l’air dubitatif de mon accolyte, c’était très bon !

Mais au milieu du repas, quelques bourrasques et les premières gouttes font rapatrier à l’intérieur les quelques clients qui restaient en terrasse, puis les gouttes deviennent une forte averse, et les pauvres serveurs replient et débarrassent sous la pluie tout ce qu’ils peuvent.

Bon, on continue de manger notre plat tranquillement, pensant tous deux à notre trajet de retour en moto, une dizaine de km quand même… Quand l’assiette est vide, que faire ? Les averses se succèdent toujours. Bon, tant pis, on attend, « obligés » de commander un dessert. Ce sera semifredos au café, garçon, et ne vous pressez pas… Ils arrivent tout de suite, pas très gros, avalés en moins de deux. Les verres finis, va falloir y aller…

Mais le gros problème une fois dehors (mais ça fait une heure qu’on s’était déjà posé la question), c’est : où est garée la moto ? On a juste omis de noter la rue ou de faire le point GPS, et on a tellement tourné en rond dans toutes ces ruelles qu’on est incapables de se repérer, maintenant que le soir tombe, et que les rues ruissellent de mares d’eau, dans lesquelles on plonge allègrement en marchant rapidement. Et impossible de demander notre chemin, parce que quoi demander ? On a juste une vision de la large rue où on a garé la moto, au début des rues piétonnes, mais pas de nom. On arpente et on arpente en tous sens, repassant aux mêmes endroits autour de la cathédrale (par ma faute je précise), ou en s’éloignant dans des petites rues où on n’était jamais passés, obligés de stopper sous des parasols quand il pleut des trombes d’eau. Un quart d’heure comme ça au pas de course, 20 minutes, et s’il y a une chose qu’Alain a en horreur, c’est de se perdre… Pendant tout le trajet, je l’entends qui dit (trouvez vous-mêmes un mot plus fort) : « Mais qu’est-ce-qu’on est cons…, mais qu’est-ce-qu’on est cons… à bouffer d’la m… ». Voilà, voilà…

Après une demi-heure, et croyez-moi c’est très long, on l’a enfin retrouvée ! Mais les ennuis n’étaient pas tout à fait terminés puisque le GPS s’est entêté à nous faire tourner en rond, toujours sous la pluie bien sûr, avant de trouver enfin le bon chemin. Ca fait beaucoup pour qui vous savez…

Et cherry on the cake, sur la grande toute qui longe la côte, je vous laisse imaginer les véritables mares d’eau – que dis-je piscines ! – qu’on a dû traverser, sans parler d’une voiture venue en sens inverse, qui a à peine ralenti en traversant en même temps que nous la même mare profonde, et qui nous a littéralement douchés, jusqsue par-dessus nos têtes ! Et la moto n’a pas du tout apprécié la baignade car le moteur s’est arrêté, rincé lui aussi ! Silence radio. Bon, heureusement que j’ai choisi un champion du monde du dépannage, qui a su frotter la bougie avec son gant mouillé, et la petite bécane a bien voulu repartir pour les quelques kms qui restaient.

On se rappellera bien de la « ville unique » ! :-))

5 Replies to “Polignano a mare et Monopoli : la dolce vita à la plage”

  1. Monopoli c’est peut-être aussi l’inspiration pour le Monopoly !!!!
    Facile d’y entrer, difficile d’en sortir. C’est vraiment pas cool comme fin de journée ! Heureusement que vous n’étiez pas dans une mégapole car vous auriez dû dormir sur place ! Mis à part cela, encore un charmant endroit que vous nous faites découvrir. Vous avez vu toutes ces couleurs de marbre !!!! C’est magnifique! Et un énorme merci pour les photos chez l’artisan-mosaïste ; j’ai les mêmes outils et la même pile de vaisselle à casser. Lui, il a aussi accès facilement aux matériaux locaux ( marbre, pierre, verre vénitien, etc..), quel chanceux ! Merci pour tous ces beaux souvenirs !

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    1. Oui, j’aimais bien le Monopoly… avant ! 🤣 Oui les marqueteries de marbres sont impressionnantes. Tu te serais plue certainement, j’ai passé le doigt sur les changements de couleur pour vérifier qu’il y avait bien 2 morceaux, tellement c’est bien fait. Ils savaient prendre le temps qu’il fallait pour un travail bien fait à l’époque. No further comment…

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  2. OMG !!!! Bon il faut se dire que la pluie fait fait pousser les belles plantes et que après la pluie le beau temps !!! Bizzz merci pour tous ces moments partagés 😉

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Sans tambours ni trompettes

Blog voyages de deux jeunes retraités, n’offrant ni conseils ni bonnes adresses, juste des cartes postales sympas (comme nous) pour garder le contact avec la famille et les amis que ça intéresse. Et ça servira de pense-bête quand nos neurones joueront à cache-cache.