Dimanche 24 septembre
Nous avons passé l’après-midi à Bari, à la fois le plus grand port de passager de l’Adriatique, principal port d’embarquement des Croisés au Moyen Age, et un haut lieu de l’église orthodoxe, qui attire de nombreux pèlerins de l’Est.
Le « clou » de la ville est sa Basilicate di San Nicola, commencée en 1087 pour abriter les reliques du Saint le plus important du monde orthodoxe : Saint-Nicolas.
Tout à fait au nord de la ville moderne, en bord de mer, se trouve la vieille ville, la Bari Vecchia, et ses innombrables rues tortueuses.



Les villes italiennes regorgent d’églises, basiliques, cathédrales en tous genres.. et Bari ne déroge pas à la règle, avec cette première Cattedrale di San Sabino :





s’aligne parfaitement avec la rosace de la façade (photo du dessus)

On continue notre promenade dans les rues de la vieille ville, très animées en ce dimanche après-midi où touristes et barisiens se mêlent.






l’une des spécialités des Pouilles
On finit par arriver à la Basilica di San Nicola, assez imposante sur la place, mais au style assez dépouillé à l’extérieur, hormis son portail dont les colonnes sont supportées par deux taureaux dont les cornes d’or ont disparu depuis longtemps.

Autrefois les chevaliers croisés venaient se faire bénir ici avant leur embarquement pour la terre sainte (il subsisterait des traces des épées dans les colonnes du portail, mais on les a pas trop identifiées). Aujourd’hui cette cathédrale accueille plus de pèlerins russes, polonais, grecs et ukrainiens que de touristes occidentaux.

L’intérieur est plutôt sobre, hormis les dorures du plafond à caissons.


Duchesse de Bari du 16ème siècle

Mais j’ai oublié de vous dire un mot sur ce célèbre saint, à l’est comme à l’ouest…
Saint-Nicolas, ce boss ! Aisément reconnaissable à sa mitre et de sa crosse d'évêque, et parfois porteur de 3 sacs d'or, il est né en 270 dans l'empire romain et mort en Turquie en 346, le 6 décembre (d'où les cadeaux aux enfants - sages ! - ce jour-là dans certains pays). Qu'a-t-il donc fait pour se retrouver saint ? Il a entre autres miracles fait ressusciter 3 enfants précédemment coupés en morceaux par un boucher... Pas mal ! Pas surprenant quand on apprend que son 1er miracle, il l'aurait fait le jour de son baptême, où il se serait tenu tout seul sur ses jambes pour recevoir la bénédiction, et que, toujours bébé, il refusait de téter les jours de carême, soit 2 jours par semaine à cette époque !... Autre miracle : son voisin, incapable de nourrir ses 3 filles, voulut les prostituer. Normal. Ni une ni deux, Nicolas donna 3 bourses d'or aux filles en guise de dot afin qu'elles puissent trouver preneur. Ses nombreux miracles ont fait l'objet de nombreuses toiles de peintre italiens. Et ainsi toute sa vie, Nicolas sauve des vies, d'où un véritable culte que lui vouent nombre de fidèles à travers le monde, et en particulier à Bari, dans la crypte. L'histoire de sa vie égale celle de ses reliques. Conservées quelques siècles à Myre en Turquie, et face au raids des Sarrazins, elles suscitent la convoitise des villes italiennes dont le Saint est leur patron - forte compétition entre Venise et Bari - et ce sont 62 marins barisiens, doublant les navires vénitiens, qui réussissent à s'emparer des reliques et les ramènent à Bari le 9 mai 1087, d'où la fête de la ville le 9 mai. La Basilique de Bari a donc été construite 2 ans plus tard, pour abriter ses reliques. Certains mauvais coucheurs (sûrement de Venise) prétendent qu'ils se seraient trompés de reliques. Et arrive ce qui arrive à presque toutes les célèbres dépouilles : c'est la vente à la découpe ! Une phalange en Lorraine, un humérus à Fribourg, un autre morceau en Belgique... De nombreuses professions ou catégories se sont placées sous sa protection. Outre les enfants, Nicolas est le saint patron des marins, des célibataires, des prêteurs sur gages, des notaires, et... des avocats du barreau de Paris !...
Nous sommes descendus dans la crypte pour y découvrir une petite église au centre de laquelle trône l’autel renfermant les reliques du Saint, devant lequel s’agenouillent, se signent, prient ou pleurent tous les fidèles du Saint.

A l’extérieur, on ne peut rater la statue de Saint-Nicolas offerte par Poutine en 2013.

Encore quelques pas dans les vieilles ruelles, puis, en apercevant le ciel qui s’assombrit et se couvre de nuages bien noirs, on décide de rentrer avant la pluie (en moto !) plutôt que de rester dîner en ville.


Eh bien, on s’est fait peur tout seuls parce qu’on est rentrés sans recevoir une seule goutte ! Mais… la chance nous a salement lâchés le lendemain…
A suivre !…


La statue de saint Nicolas à l’intérieur de l’église le représente comme un Africain, c’est intéressant vu comment ils sont reçus aujourd’hui (les Africains)…
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Je croyais être connectée… Ariane
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