Samedi 5 juillet : la superbe bibliothèque Morgan, encore du homard et balade sur l’Hudson

On a quartier libre aujourd’hui ! On part à pied visiter la Morgan Library, à quelques blocs de l’hôtel.

En chemin, on croise un immeuble en construction, qui correspond tout à fait aux explications que notre guide Frédéric nous a détaillées en début de semaine sur la façon de construire des gratte-ciels : on érige un bloc central en béton, et on agrège petit à petit le reste autour. Bon ok, c’est la version abrégée.

N’empêche qu’on se demande des fois comment ça tient debout…

Et en passsant, une vitrine de magasin avec un T-shirt qui prend des risques…

Passons aux choses sérieuses… Le banquier John Pierpont Morgan (1837-1913), amateur de livres rares et autres précieuses antiquités, ne savait plus où ranger ses affaires. D’où la solution de construire en 1906 cette magnifique bibliothèque remplie d’ouvrages et manuscrits rares et anciens et d’objets archéologiques.

Il y passa beaucoup de temps durant les dernières années de sa vie, loin de la vie trépidante de Wall Street où il avait sa banque.

Première salle : le bureau du patron, tout de tentures de velours rouge, portraits d’ancêtres et meubles anciens.

On imagine tout à fait Mister Morgan au travail dans cette pièce à l’ambiance feutrée et solennelle. D’ailleurs ça me rappelle tout-à-fait le style d’un autre banquier, autrefois…

Un livre d’heures médiéval, en latin et en français (env. 1460), acquis par J.P. Morgan en 1907

Au fond de la pièce, une porte blindée donne accès à une petite bibliothèque assez étroite de plusieurs rayonnages en hauteur.

On quitte le bureau en direction des autres salles. Dans un vestibule, des manuscrits de Chopin :

Ci-dessus un programme de février 1832 salle Pleyel où Chopin fit ses débuts à Paris, ainsi que deux manuscrits, annotés et corrigés par lui.

Dans une salle adjacente en forme de rotonde, deux compositions manuscrites de Chopin découvertes tout récemment en octobre 2024 dans les archives de M. Morgan.

Vous aurez reconnu à gauche une valse, et à droite une mazurka

Et enfin, la salle principale, majestueuse, avec des rayonnages de livres anciens sur tout le tour jusqu’au plafond.

Au centre, des vitrines où sont exposés des manuscrits originaux.

Journal de Barry J. O’Meara, médecin irlandais qui a accompagné Napoléon en exil à Ste Hélène
Impromptu pour piano (1843) de Louise Farrence (1804-1875), seule femme du 19ème siècle à avoir une chaire de professeur au conservatoire de Paris
Abécédaire par l’éditeur et graveur allemand Theodor de Bry (1595)
L’une des reliures les plus précieuses de la collection (période carolingienne)

Et des livres en veux tu en voilà ! Et beaucoup d’auteurs français, dont certains inconnus (de moi) au bataillon !

Et le manuscrit vedette : une bible en latin de Gutenberg, datée de 1455. La bibliothèque Morgan est la seule institution au monde à en posséder 3 exemplaires. Il en subsiste aujourd’hui une cinquantaine à travers le monde sur les 180 exemplaires de l’édition originale, dont les deux tiers sont imprimés sur papier et le dernier tiers sur vellum. Et Morgan en a 1 en vellum sur ses 3 exemplaires. Les 3 présentent des différences dans la composition, le travail de la presse, et la décoration, des caractéristiques qui documentent les problèmes techniques que Gutenberg a pu rencontrer, et les décisions qu’il a prises pour les résoudre. L’exemplaire exposé est le premier des 2 exemplaires papier.

Bref, une bien belle visite, on se sentait complètement enveloppé dans cette abondance de trésors… Si j’avais été banquière, j’aurais fait tout pareil !

On prend le métro pour descendre ensuite sur la pointe sud de Manhattan, dans le district originel de l’île, l’ancien port de la ville. Et c’est à nouveau une grande mobilisation populaire qui a sauvé ce quartier de la démolition pour aboutir à une complète réhabilitation en promenades.

Nous terminons à pied vers le Pier 17, ex marché aux poissons, qui accueille maintenant un centre commercial mais aussi des restos et bars (branchés comme il se doit !), rooftops (terrasses de bars) et l’été lieu de concerts en plein air. Comme dans presque toute la ville, les gratte-ciels voisins côtoient les vieilles maisons de briques et quelques rues pavées.

En bord de mer, une grosse batisse un peu mastoc – le Tin Building – abrite des comptoirs, magasins et petits restaurants gastronomiques.

Et c’est ici que l’on va déguster l’un de nos meilleurs repas de la semaine, chez T. Brasserie (on s’est aperçus ensuite que le proprio est français).

Je recommande le homard du Maine (et un petit Chablis… une petitee faiblesse !)

Plus loin, le comptoir des pâtisseries nous interpelle… mais on a résisté (en fait, plus faim…) :

On fait quelques pas le long de la mer pour digérer…

Ils ont l’air plutôt contents non ?

… avant notre embarquement pour une mini croisière dans le port avec la Circle Line (je voyais bien que ça lui ferait plaisir…).

On a à nouveau pu admirer Manhattan sous un autre angle.

Nos jumelles ont fait le voyage transatlantique… mais n’ont jamais quitté la chambre d’hôtel ;-)
Encore Lui ! Et encore Elle !
Ici, c’est côté New Jersey

Et on passe sous les 3 ponts qui enjambent l’East river entre Brooklyn et Manhattan : astuce mnémotechnique pour se rappeler leurs noms : BMW, pour Brooklyn, Manhattan et Washington (c’est là qu’il a mené l’une de ses grandes batailles d’indépendance).

Le Brooklyn bridge (pour ceux qui suivent, c’est celui qu’on a traversé à pied en début de séjour)
Le Manhattan Bridge
Et le Washington Bridge

Pour clore l’après-midi, il n’y avait pas de temps à perdre, car nous venions de recevoir en direct de Gémenos une commande urgente de la plus haute importance : nous devions absolument nous rendre dans le « paradis des bonbons »… Gloups… C’est où ça ? Il nous restait la fin d’après-midi pour rester crédibles auprès de la descendance.

Pas de panique, Alain s’est rappelé avoir vu une enseigne très explicite à deux pas de notre hôtel, donc ça tombe bien, on remonte sur Times Square.

C’est comme le Port-Salut, c’est écrit dessus (pas récent comme référence, surtout que le fromage ne doit même plus exister… )

Eh bien, on a eu du mal à choisir… parmi la pléthore de bonbonneries (on oublie le prix au kilo… faut rentabiliser l’espace !). Mais ouf, sauvés, mission accomplie !

Pour notre dernier repas du soir, on a choisi un restau mexicain – Arriba, arriba – parmi 5 ou 6 qu’on nous avait recommandés dans le quartier.

On se serait crus en plein Marais parisien, nous devions être les seuls hétéros de la salle je pense, serveurs compris… et le son de la musique à donf ! Mais c’était délicieux.

Une bonne nuit, et encore une visite guidée demain matin avant le retour au bercail demain soir.

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Sans tambours ni trompettes

Blog voyages de deux jeunes retraités, n’offrant ni conseils ni bonnes adresses, juste des cartes postales sympas (comme nous) pour garder le contact avec la famille et les amis que ça intéresse. Et ça servira de pense-bête quand nos neurones joueront à cache-cache.