La costa smeralda : 3 jours chez les riches… et les artisans du néolithique

Vendredi 24 au dimanche 26 mai

Après une excellente nuit au milieu de nulle part, on reprend la route vers la Costa Smeralda, où on doit retrouver notre ami Jean-Marc qui navigue à bord de son petit voilier.

Petit arrêt au lac artificiel del Liscia :

Nous voulions voir l’olivier le plus vieux d’Europe, mais pas de bol c’était sur l’autre rive, et accessible uniquement si on revenait sur nos pas. Tant pis, on survivra et vous aussi certainement.

Au premier plan visible sur l’arrière-plan du lac, une chenille qui se balance sur un fil depuis l’arbre, qui en était infesté

Les paysages de maquis et de gros blocs de pierre s’enchaînent.

Beaucoup de fleurs sauvages en pleine floraison

On arrive à Porto Cervo vers midi. Le plus dur reste à faire : il n’y a pas d’aire de services pour les camping-cars, les parkings sont dimensionnés pour les Porsches et les Ferrari, et les deux seuls campings de part et d’autre de la petite ville sont à environ 70€ la nuit… Parce que j’ai omis de préciser que nous sommes au pays des milliardaires, assumés et fiers de l’être :

Des panneaux « MILLIARDAIRE » tout le long de la route annoncent la couleur

Un mot rapide sur ce petit coin paradis des riches : en 1962, le richissime prince Karim Aga Khan IV, diplômé de Harvard (l’un n’empêche pas l’autre…), encadra au sein d’un consortium d’investisseurs l’aménagement de ce bout de côte rocheuse pratiquement déserte pour en faire un complexe touristique haut de gamme, de renommée internationale.

On s’est débrouillés pour dégoter un emplacement de parking, devant une école maternelle déserte, au fond d’un cul-de-sac résidentiel sur les hauteurs de la ville. Et on a pu rester là 3 nuits sans être inquiétés. La saison n’est pas encore à son comble.

Le reste de la journée, chouettes retrouvailles et recherche d’un scooter à louer pour JM pour les visites du lendemain.

Dîner de spaghettis bolognaise sur le bateau (miam !), et retour à pied le soir vers notre camp de base à 3 km de la marina.

L’église Stella Maria, construite en 69, plutôt originale avec ses lignes courbées, mais que nous n’avons pas visitée pour ne pas inquiéter les enfants qui redoutent pour nous une crise de foi

Le lendemain, on enfourche notre petite mais vaillante moto, et Jean-Marc son beau scooter rouge Ferrari (dans un souci de cohérence il avait même prévu le T-shirt rouge !), et on entame notre petit circuit touristique de la région.

Notre première halte nous mène à quelques kilomètres de là au charmant petit village de Poltu Quatu, havre de paix des nantis, tout ici n’est que calme, luxe, et je n’ai pas de preuves pour la volupté.

Partout dans cette partie de la Sardaigne, des bougainvilliers et autres buissons fleuris envahissent les rues et les maisons

On poursuit notre route vers le bourg d’Arzachena, beaucoup plus populaire, où logent la multitude d’ouvriers et employés travaillant dans les hôtels, restaurants ou au service des particuliers (c’est qu’il en faut du monde pour entretenir ces magnifiques espaces verts !). Halte snack dans un café sur une petite placette sympathique.

Puis on part à la recherche du « Fungo », énorme bloc de granite en forme de champignon (comme son nom l’indique en italien).

Des fouilles archéologiques ont révélé une présence humaine à l’ère néolithique

Pendant des millions d’années, l’eau et le vent, les embruns, le microclimat et les changements de température ont sculpté ce bloc autour duquel la ville s’est développée.

Assez impressionnant…

Bien longtemps avant nous… de très anciennes communautés humaines

Petite brève (pré)historique : à partir de l’âge du bronze, la civilisation nuragique s’est développée spécifiquement en Sardaigne. Ça remonte à … 1800 jusqu’à 500 avant JC, et une multitude de constructions y subsistent jusqu’à nos jours.

On a visité les 2 plus importants monuments néolithiques sur les 7 que compte le parc archéologique d’ Arzachena.

Le « nuraghe La Prisgiona

Le « nuraghe » se caractérise par une tour conique faite de gros blocs de pierres bien ajustés.

L’île compte encore environ 7000 nuraghes

Les personnes les plus importantes du village se réunissaient dans la hutte des réunions, comme le suggère la banquette de pierres tout autour :

On a retrouvé au centre un grand vase décoré (photo ci-après, en bas à droite), qui semble indiquer qu’ils partageaient une boisson collective fermentée ou distillée, ainsi que 17 bols, des morceaux de brocs et une louche.

Le site comporte tout autour du monument principal plusieurs huttes d’artisans.

Vue d’ensemble du site

Les céramiques et objets retrouvés permettent d’identifier chaque métier : une hutte pour la cuisson des poteries (trace d’un grand four en terre), hutte du ferblantier (récipients restaurés et lingots de plomb pour la restauration), hutte du boulanger (four recouvert d’une coupole), la hutte du meunier (meules et broyeurs pour fabriquer la farine).

En haut : outre d’offrandes – en bas à gauche : cruche à vin – en bas à droite : vase rituel décoré

La tour principale comportait à l’origine 2 étages  recouverts d’une coupole de pierres de plus en plus petites, technique typique de la civilisation nuragique.

Des niches étaient prévues pour le stockage ou le dépôt d’offrandes
Reconstitution des cabanes du village qui s’étend sur environ 4 ha

La vie dans ce village s’étend sur environ 500 ans, du 14ème au 8ème siècle avant JC, puis il a été brièvement occupé pendant la période romaine.

La tombe des géants Coddhu ‘Ecchju

Cette tombe collective, abritait les défunts du village voisin de La Prisgiona.

La façade en arc de cercle a été ajoutée entre le 18ème et le 17ème siècle avant JC
Des offrandes étaient glissées à l’intérieur par la petite porte
La tombe à galerie à l’arrière (entre le 21ème et le 19ème siècle avant JC
Les corps étaient déposés dans la galerie en soulevant des pierres mobiles

Notre dernière visite pour le petit village de San Pantaleo, fleuri et tranquille

On a donc passé une excellente journée à se balader

Et la soirée fut tout aussi agréable à se rappeler nos exploits de jeunesse 😉

Un bon petit vin et une délicieuse pizza pour entretenir l’amitié

6 Replies to “La costa smeralda : 3 jours chez les riches… et les artisans du néolithique”

  1. très beaux lieux ! On ne connaît pas vraiment de coin de l’Italie ! Les fleurs, la végétation, la mer, que c’est beau ! Oui, bien intéressant le village préhistorique !
    merci!!!!

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  2. C’est super ces sites néolithiques, c’est rare d’avoir des ensembles d’architecture aussi bien conservés, même si j’imagine que ça a été pas mal reconstruit, y avait tout pour le faire!

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  3. Les petits villages ont l’air superbe avec toutes ces fleurs! Ça donne envie de partir en vacances. Par contre, ça fait un peu peur ce bloc de pierre en forme de Champignon en haut de la ville.

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Sans tambours ni trompettes

Blog voyages de deux jeunes retraités, n’offrant ni conseils ni bonnes adresses, juste des cartes postales sympas (comme nous) pour garder le contact avec la famille et les amis que ça intéresse. Et ça servira de pense-bête quand nos neurones joueront à cache-cache.