Samedi 7 Octobre
Une petite incursion dans les terres et nous voilà arrivés à Oria, au sommet d’une petite colline, dominée par la coupole de sa cathédrale.

On vient pour elle, la cathédrale, mais on apprécie la petite grimpette jusqu’au parvis, à travers les petites rues bien ensoleillées de cette belle matinée d’octobre.







Construite comme c’est souvent le cas sur le même emplacement d’une précédente cathédrale détruite par un tremblement de terre en 1743, la cathédrale fut financée par l’archevêque grâce à la vente de deux colonnes de marbre pour 8000 ducats au roi Charles III de Bourbon-Siciles, qui les utilisa pour son palais royal de Caserte, près de Naples.

La façade est construite avec la pierre carparo, si caractéristique de la région avec sa superbe couleur de caramel fondant au soleil, alors que les frises et les « trabeations » (corniches ? portail ?) sont en pierre calcaire.

Au sommet de la façade, il manque une pièce : le cymatium (on apprend plein de mots !) – c’est à dire une moulure courbe au-dessus du tympan – parce qu’elle est tombée le 21 septembre 1897 suite à un violent cyclone.
Derrière la façade, on distingue la très belle coupole, toute en majolique :



Cette cathédrale a une particularité assez singulière : sa crypte contient 22 niches où sont accrochées 22 momies, d’où son nom… la crypte des momies ! Ames sensibles, passez votre chemin…

La cathédrale héberge en effet l’Archiconfrérie de la Mort. Mais quézaco ? L’histoire remonte à l’année 1481 quand les Turcs attaquèrent Otrante (cf article précédent !). Un groupe de volontaires partit rejoindre l’armée du roi Ferdinand de Naples, sous le nom de « Compagnie de la Mort ». Quand les survivants revinrent 3 ans plus tard, ils créèrent cette confrérie, et afin de leur rendre gloire, ils avaient l’honneur d’être momifiés après leur mort.

Et voici la recette : vous prenez un mort, vous l’éviscérez, vous aspirez le cerveau par les narines, vous remplissez ensuite l’appareil, euh… non pardon, le corps avec de la chaux mêlée de sels déshydratés, et vous trempez le tout dans une grande bassine elle-même remplie du même mélange. Laissez macérer pendant environ 2 ans. Ensuite, vous faites un petit nettoyage, vous l’habillez de noir de la tête aux pieds, et hop, dans la niche pour 300 ans ! Après, on le remplace par un autre, et son crane est posé au-dessus des niches.



Napoléon voulut interdire cette pratique par l’édit de Saint-Cloud, mais les habitudes ont la vie dure, si on peut dire, et les momifications continuèrent jusqu’en 1858. Mais me direz-vous, il ne devait plus y avoir beaucoup de survivants de la guerre d’Otrante ? Effectivement, la confrérie se réunissait pour décider des personnes qui auraient le « privilège » d’être momifiées, et pas forcément les nobles, de toutes classes sociales, m’a dit la jeune fille de l’entrée.

Le laboratoire se trouve dans une pièce non accessible au public, adjacente à la crypte. La confrérie est toujours active aujourd’hui, et participe à des processions et rites lors de la semaine sainte.
Après la visite, on redescend en ville se requinquer avec une bonne petite salade de crudités !




Ah ben moi je préfère les momies égyptiennes! Beaucoup mieux décorées, mais sans doute moins accessibles aux classes populaires…
Bisous bien vivants!
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Oh ouache !!! Je ne sais pas si j’ai le goût d’aller visiter un tel endroit…C’est pas parce qu’ils sont morts, ça, ça va…mais c’est plutôt les images que ça laisse en tête ! Ouache….
En dehors de ça, très belle ville ! Et c’est drôle de voir les fruits de cactus suspendus près des portes ! Ici, on voit quelque fois des grappes d’épis de maïs multicolores à ce temps-ci de l’année!
A la fin du mois, on verra aussi des squelettes déambuler dans les rues , en demandant des bonbons, squelettes beaucoup moins « beaux » que ceux de la crypte….
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