Gallipoli ou la belle ville-île (1)

Jeudi 5 octobre

Les grecs ne s’y étaient pas trompés en appelant cette ville kale-polis, la belle ville. C’est devenu une île en 1484 quand les vénitiens décidèrent de couper l’isthme étroit qui la reliait à la terre, pour mieux la défendre. Reliée à la côte par un pont 200 ans plus tard, elle est cernée de remparts qui sont autant de belles promenades surplombant la mer.

Nous partons à l’aventure dans un lacis de ruelles joliment pavées…

La cathédrale di Sant’Agata s’impose très vite, superbe dans sa belle couleur dorée due à une pierre locale très friable appelée carparo. Elle est implantée dans une petite rue, ce qui limite fortement la vue d’ensemble :

Et on doit sa façade au grand Zimbalo, une de plus !

L’intérieur a de vastes dimensions, tout comme les immenses peintures aux tons sombres qui recouvrent murs et plafonds presque intégralement. L’effet est assez saisissant.

La presque totalité des peintures sont l’oeuvre d’un peintre gallipolitain du 17ème siècle, Giovanni Andrea Coppola.

Le martyre de Sainte Agathe (derrière le monsieur)
Marqueterie de marbres pour l’autel

On ressort pour continuer la balade dans les petites ruelles.

Et on arrive devant une petite porte avec un escalier qui descend en sous-sol :

c’est un ancien moulin hypogé (souterrain), où était fabriquée l’huile servant pour les lampes. Ils étaient 35 comme celui-ci sur l’île de Gallipoli, un vrai gruyère, tous creusés en sous-sol en raison de la température toujours constante entre 18° et 20°, condition idéale pour faciliter le pressage de l’huile.

Les olives étaient déchargées par des trappes au plafond depuis l’extérieur, puis stockées dans des cavités sur les côtés du moulin, afin de les laisser pourrir et fermenter pendant des mois pour obtenir une huile de qualité, c’est-à-dire qui brûle en émettant moins d’odeur et moins de fumée.

La meule qui pressait les olives était actionnée par un âne ou un cheval qui tournait autour les yeux bandés… Quatre phases s’étalant de 4 à 12 heures étaient nécessaires pour achever le processus de fabrication.

Les conditions de travail étaient aussi précaires que malsaines, tant pour les animaux que pour les hommes. Le moulin fonctionnait en continu toute la journée et tous les jours. Bêtes et ouvriers alternaient 2h de travail et 2 h de repos, dans les odeurs de bêtes, de fermentation et de lampes, sans ressortir dehors de la journée pour rester disponibles…

Au 16ème siècle, Gallipoli était reconnu comme le 1er centre de production d’ « or liquide » de toute l’Europe. L’huile de Gallipoli était même exportée jusqu’au Palais impérial de St Pétersbourg.

Ce commerce était si important et le travail si pénible que ces veinards étaient officiellement dispensés par les papes d’aller communier le dimanche…

Des confréries se sont formées et ceux qui versaient une part de leur salaire à la confrérie avaient droit à certains avantages comme par exemple… des funérailles pour tous les membres de la famille et 40 messes par an.. ou une pension à 70 ans et l’ « autorisation » d’arrêter de travailler, et les veuves et infirmes touchaient une allocation.

L’huile d’éclairage s’est définitivement éteinte avec l’arrivée de l’électricité sonnant bien logiquement la fin de cette activité.

Suite de la balade…

… pour arriver sur les « riviere« , des promenades le long de la mer qui entourent la ville, jalonnées d’églises élevées par les nombreuses confréries du 16ème siècle.

Splendide !

Entre autres édifices religieux, on s’arrête visiter l’église Santa Maria della Purità…

…bâtie par la confrérie des débardeurs en 1662. Sa façade toute blanche est très sobre, fait extrêmement rare pour la région, arborant juste une jolie fresque d’azulejos.

Mais à l’intérieur en revanche, chaque centimètre carré est occupé par des peintures très sombres…

Le sol est pavé de très belles majoliques

Pendant la semaine sainte de Pâques, cette église participe activement aux processions et rites religieux organisées dans toute la ville.

Voilà, voilà…

Le soir tombant, le soleil et les pierres se fondent en une couleur miel dorée absolument sublime.

L’église Saint François d’Assise, qui serait célèbre pour les statues des 2 larrons qui se font face (ci-dessous), celui qui regarde vers le ciel sera sauvé, pas l’autre qui regarde par terre (vous savez ce qui vous reste à faire…)

La ville était tellement agréable qu’on y est resté dîner le soir, pour profiter du spectacle du soir couchant….

Je ne me lasse pas du spectacle de ces pierres dorées…
…ni Alain de celui de la mer
… à juste tirre d’ailleurs…
Le château, qu’on visitera demain
Dîner au bord de l’eau à Gallipoli… et pâtes aux palourdes, what else ?

2 Replies to “Gallipoli ou la belle ville-île (1)”

  1. Quelle belle couleur de pierre, on dirait du miel ! Magnifique façades sur la mer, ça donne envie d’ y passer un mois ou deux !
    Merci pour ce beau reportage et bisous

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  2. Effectivement, très belle ville avec les couleurs des bâtiments, surtout au coucher de soleil…( fais penser à Marseille)..
    Curieux les églises aux peintures sombres, comme s’ils n’avaient pas de pigments pour créer des couleurs plus vives, ça donne une église quasiment en noir et blanc. Par contre, belles céramiques par terre et sur certaines facades.
    Et la plage ! Rien que pour ça, j’irai en courant !
    Et Avant auj : j’ai bien aimé aussi les grottes et Specchia !
    Merci des magnifiques photos style carte postale ( chat, vespa, petites rues, etc,) ça donne tellement le goût d’y aller !

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Sans tambours ni trompettes

Blog voyages de deux jeunes retraités, n’offrant ni conseils ni bonnes adresses, juste des cartes postales sympas (comme nous) pour garder le contact avec la famille et les amis que ça intéresse. Et ça servira de pense-bête quand nos neurones joueront à cache-cache.